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Stéphanie Maltais : Université d'Ottawa
La COVID-19 a eu des répercussions notables sur le secteur humanitaire canadien que ce soit au niveau national ou dans ses activités à l’international. Sur le territoire national, quelques exemples sont criants comme le fait que Médecins Sans Frontières Canada ait tenté, pour la première fois, de répondre à des besoins en sol canadien; le fait que la Croix-Rouge canadienne ait lancé une nouvelle initiative de « réserve humanitaire » en sus de ses volontaires habituels; ou encore que Médecins du Monde Canada ait transformé ses cliniques mobiles en télémédecine pour répondre à des besoins criants à Montréal chez les populations marginalisées. Dans le spectre international, les ONG canadiennes, quant à elles, ont essayé de poursuivre leurs efforts et de ne pas abandonner leurs partenaires internationaux, mais ont eu à faire des choix parfois difficiles.
La COVID-19 est devenue une menace majeure pour les populations vulnérables dépendantes de l’action humanitaire, avec un impact potentiel dévastateur dans les zones densément peuplées, préalablement fragiles et/ou dans les zones où les systèmes de santé sont dysfonctionnels. La pandémie exerce également une pression énorme sur les organismes humanitaires internationaux qui se voient limités dans leur capacité d’accès et plus généralement de réponse, laissant une plus grande place aux organismes humanitaires locaux. Le lancement récent du Plan global de réponse humanitaire en mars 2020 a confirmé la nécessité d’un financement important et souple. Cependant, de nombreux autres défis restent à relever pour garantir l’apport d’une action humanitaire efficace dans le respect de la dignité, à la fois pour les civils qui subissent cette crise sanitaire en plus des autres crises auxquelles ils font face et pour les travailleurs humanitaires exposés au virus dans le cadre de leurs fonctions. Mais les crises créent des occasions pour le changement. Le secteur humanitaire l’a démontré à plusieurs reprises en revoyant ses pratiques au moyen de nouveaux programmes internationaux, notamment après le génocide au Rwanda en 1994 ou encore le séisme en Haïti de 2010. Depuis 9 mois, la crise sanitaire mondiale a envoyé une onde de choc dans tout le secteur humanitaire, suscitant de nouvelles questions et accélérant aussi l’importance de répondre aux anciennes. Quels impacts cette crise mondiale sanitaire aura-t-elle sur le secteur humanitaire? Quels changements faut-il envisager? Quelles agences et organisations humanitaires survivront à la crise et pourquoi? Quels seront les changements pour l’action humanitaire canadienne? Que faudra-t-il considérer en plus pour intégrer une réponse d’urgence et humanitaire dans la voie des objectifs de développement durable? Finalement, à quoi ressemblera l’action humanitaire post-COVID-19? Existe-t-il des pistes de solutions à envisager?
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