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Ambre Fourrier : UQAM - Université du Québec à Montréal
« Le revenu de base » est une proposition politique qui pourrait être envisagée dans une perspective de transition vers des sociétés post-croissance, mais pas à n’importe quelles conditions. En effet, le concept est devenu si élastique qu’il en est venu à chapeauter toutes sortes de propositions parfois contradictoires. Parmi les formules proposées, nous mettrons de l’avant ce que nous appellerons « revenu de transition », une proposition qui nous paraît intéressante dans une perspective d’intervention sociale et d’éducation relative à l’environnement. En effet, cette proposition politique peut être un bon moyen pour « décoloniser nos imaginaires », en particulier sur la question du « travail ». Institution centrale de nos sociétés, le « travail » reste très peu questionnée et pourtant elle s’avère problématique tant sur le plan de la justice que sur le plan écologique. L’idée de distribuer à l’ensemble d’une communauté politique, un « revenu de transition » nous conduit d'emblée à nous interroger sur les formes d’activités qui sont valorisées dans la société actuelle et de réfléchir à une autre manière de valoriser les activités, plus respectueuse des êtres humains et des écosystèmes.
S’il est aujourd’hui admis que l’humanité court à sa perte en raison d’une crise socioécologique d’envergure, des projets de société postcapitaliste, postcroissance ou postpétrole s’organisent partout dans le monde pour éviter l’effondrement des systèmes à la base de toutes les formes de vie sur Terre. Fondées sur des critiques du développement et des préoccupations écologiques, des solutions de rechange au néolibéralisme sont proposées par divers acteurs de la société civile. Amorcer une transformation en profondeur des modes de pensée et d’agir s’impose et donne cours à des propositions théoriques et à des initiatives multiformes se structurant autour du concept de transition écologique (TE). Elles cherchent à redonner du pouvoir aux communautés en imaginant d’autres possibles. Suggérant un changement sans précédent de société, la TE « se pense et s’expérimente » sur le terrain de diverses manières. Pourtant, ces démarches se heurtent à des modes de vie bien ancrés et à un fort enracinement des sociétés modernes dans une logique productiviste et de surconsommation. La tension est donc perceptible entre les pratiques citoyennes « vertueuses » et la puissance d’un marché reposant sur la dilapidation des ressources planétaires. Notre colloque propose de donner une voix aux multiples visages de la TE qui émergent dans les domaines de l’énergie et de l’agroalimentaire, dans les façons de produire ou de se déplacer, en même temps qu’il interroge les conditions de possibilité d’un renversement anthropologique et économique qui pourrait réduire la catastrophe en cours. La TE est d’abord abordée selon les perspectives de l’éducation à l’environnement et de l’intervention sociale, qui accompagnent les initiatives émergentes, les interprètent et leur donnent sens, mais également sous l’angle de la sociologie, de l’anthropologie et de la philosophie, à partir de réflexions critiques qui peuvent soutenir les populations dans leur apprentissage de solutions porteuses d’espoir.
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