Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Melissa Genereux : Université de Sherbrooke
La pandémie de COVID-19 engendre des impacts collatéraux, notamment sur la santé mentale. Une large enquête explorant ce phénomène a été réalisée par l’Université de Sherbrooke et ses partenaires du 4 au 14 septembre 2020 auprès de 6261 adultes de 7 régions du Québec. Il en ressort qu’un adulte sur 5 aurait un trouble d’anxiété généralisée ou une dépression majeure probable. Parmi tous les facteurs examinés, le sentiment de cohérence est de loin celui le plus fortement lié à la santé psychologique en temps de pandémie. Le sentiment de cohérence est la capacité qu’ont les personnes de comprendre, de donner du sens et de maîtriser une situation stressante. Plus notre sentiment de cohérence est élevé, plus notre capacité de faire face à l’adversité l’est aussi. Afin de réduire le fardeau de la pandémie, on se doit de renforcer cet important facteur de protection. Toute activité favorisant la réflexion permet de se recentrer sur soi, de prendre du recul, d’organiser sa pensée, de recadrer la situation et ainsi de donner un sens à ce qui nous arrive. La réflexion peut être grandement facilitée par les activités artistiques ou culturelles, qui s’avèrent un excellent moyen de se connecter avec ses émotions, de révéler ce qui est difficile à exprimer et de mettre de l’ordre dans sa vie. Plus que jamais, il apparait opportun que les milieux de la santé et artistiques travaillent conjointement à développer des interventions visant à réduire les impacts psychosociaux de la pandémie.
La recherche est incontournable afin de mieux comprendre et réaliser les meilleures pratiques visant à soutenir le développement des collectivités dans un processus thérapeutique et artistique. Les résultats de recherche et les méthodologies exposées portent sur deux volets : 1) les arts comme modalités thérapeutiques; et 2) les arts et la culture comme moyens de promotion de la santé, de la résilience, de la cohésion et de l’inclusion sociale au sein des collectivités. Dans un cas comme dans l’autre, les arts sont l’objet de la recherche.
Ce colloque propose des recherches innovatrices basées sur les arts et la recherche-action participative, entre autres, qui nous permettent d’accéder à une connaissance tacite grâce à l’aspect expérientiel et relationnel ainsi qu’à l’expression de soi à travers les arts visuels, la danse, l’écriture, le mouvement, la musique et le théâtre. Ces méthodologies de recherche permettent de mieux saisir les défis humains, aussi bien physiques, psychologiques, cognitifs que sociaux, auxquels font face des individus et des groupes de tous les horizons. Les arts nous donnent un accès privilégié à l’étude des collectivités, de la créativité et de l’identité, entre autres, des concepts qui présentent une complexité et qui demandent souvent un approfondissement expérientiel pour mieux les saisir. La recherche est ainsi un lieu démocratique, accessible et inclusif qui approche l’autre dans sa totalité, en toute reconnaissance et humilité.
Les objectifs de ce colloque sont de déterminer des facteurs facilitant le développement et le transfert des connaissances, ainsi que l’implantation pérenne des résultats de recherche; de cibler des modes et des zones de collaboration, voire former des communautés de pratique, entre chercheurs, artistes, thérapeutes par les arts, étudiants, organismes culturels, milieux de vie, réseau de la santé et des services sociaux, collectivités et instances diverses; d’explorer des projets de thématiques de recherche; et d’énoncer des stratégies pour contrer les défis du financement. Ainsi, la diffusion des résultats de ces recherches peut également sensibiliser les différents ministères (Santé et Services sociaux, Éducation, Culture), villes et organismes au potentiel des arts dans les stratégies visant la santé et le bien-être des personnes et des collectivités.
Thème du colloque :