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Le travail social à l’épreuve de la transition écologique : quels engagements, quelles formations, quel accompagnement pour quels publics ?

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Arnaud Morange : Institut régional du travail social Normandie-Caen

Résumé de la communication

Le travail social, dans son enseignement comme dans ses pratiques professionnelles, historiquement, et du fait des priorités de ses publics (l’alimentation, le logement, la santé…), n’a pas placé les questions environnementales au centre de ses préoccupations. Pourtant, nombre d’initiatives dans son aire d’influence montrent que les questions sociales et économiques recoupent la problématique de la cohabitation durable homme-nature tout en permettant l’accès à une certaine « citoyenneté sociale » : chantiers d’insertion, jardins communautaires, aide aux budgets des familles, développement des ressources propres et locales… Notre communication vise à mesurer les capacités de l’intervention sociale à investir la question écologique, du point de vue d’un certain rapport au monde et aux écosystèmes. Elle s’appuiera pour cela sur un état des lieux de la question dans les formations en travail social et dans les pratiques, en mobilisant des exemples d’actions. Nous reviendrons notamment sur une recherche que nous avions conduite de 2015 à 2017, où nous observions que les publics en difficulté économique n’étaient pas moins avertis du péril environnemental que la population générale et développaient en ce sens des pratiques plutôt vertueuses. In fine, il s’agira de réaffirmer certains principes de l’anthropologie allant dans le sens d’une reproduction viable des sociétés, pour autant que nous sachions questionner le modèle dominant actuel de production-consommation.

Résumé du colloque

S’il est aujourd’hui admis que l’humanité court à sa perte en raison d’une crise socioécologique d’envergure, des projets de société postcapitaliste, postcroissance ou postpétrole s’organisent partout dans le monde pour éviter l’effondrement des systèmes à la base de toutes les formes de vie sur Terre. Fondées sur des critiques du développement et des préoccupations écologiques, des solutions de rechange au néolibéralisme sont proposées par divers acteurs de la société civile. Amorcer une transformation en profondeur des modes de pensée et d’agir s’impose et donne cours à des propositions théoriques et à des initiatives multiformes se structurant autour du concept de transition écologique (TE). Elles cherchent à redonner du pouvoir aux communautés en imaginant d’autres possibles. Suggérant un changement sans précédent de société, la TE « se pense et s’expérimente » sur le terrain de diverses manières. Pourtant, ces démarches se heurtent à des modes de vie bien ancrés et à un fort enracinement des sociétés modernes dans une logique productiviste et de surconsommation. La tension est donc perceptible entre les pratiques citoyennes « vertueuses » et la puissance d’un marché reposant sur la dilapidation des ressources planétaires. Notre colloque propose de donner une voix aux multiples visages de la TE qui émergent dans les domaines de l’énergie et de l’agroalimentaire, dans les façons de produire ou de se déplacer, en même temps qu’il interroge les conditions de possibilité d’un renversement anthropologique et économique qui pourrait réduire la catastrophe en cours. La TE est d’abord abordée selon les perspectives de l’éducation à l’environnement et de l’intervention sociale, qui accompagnent les initiatives émergentes, les interprètent et leur donnent sens, mais également sous l’angle de la sociologie, de l’anthropologie et de la philosophie, à partir de réflexions critiques qui peuvent soutenir les populations dans leur apprentissage de solutions porteuses d’espoir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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