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L’eau en tant que chose d'usage commun ou comme source de conflits : les racines modernes de l'éthique de l'eau chez Griotus et Rousseau

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Evaldo BECKER : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

S’il est vrai que l’éthique environnementale en tant que champ spécifique de l’éthique appliquée est née au XXe siècle comme le remarque Marie-Hélène Parizeau dans l’entrée Éthique Appliquée du Dictionnaire d’éthique et de philosophie moral (CANTO-SPERBER, 1996); il est vrai aussi que la pensée sur les rapports entre l’homme et la nature a été un sujet d’investigation chez plusieurs philosophes pendant la Modernité. On considère que l’éthique de l’eau contemporaine puise ses racines dans la réflexion moderne des penseurs comme Grotius et Rousseau. Déjà dans son livre Mare Liberum l’auteur hollandais critique les tentatives de la part du gouvernement de l’Espagne de privatiser l’eau de la mère et dans le Droit de la guerre et de la paix il revient au même sujet et examine l’eau en tant que chose d’usage commun. Rousseau dans son Essai sur l’origine des langues examine le rôle fondamental de l’eau dans la socialisation humaine et aussi dans l’émergence de conflits sociaux. Après ça, dans son Projet de Constitution pour la Corse il examine la nécessité d’établir une « exacte police sur les forêts » en réglant les coupes et la reproduction et ne laissant pas les maitres des eaux et forêts tout détruire. Le but de cette présentation est donc d’examiner les racines modernes de l’éthique de l’eau chez Grotius et Rousseau.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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