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Leçons apprises dans le cadre de la création d’un organisme autochtone de recherche participative à Chisasibi: la Chisasibi Eeyou Resource and Research Institute

VG

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Vincent Gautier-Doucet : Chisasibi Eeyou Resource and Research Institute

Résumé de la communication

En 2016, suite au rapport du Migratory Bird Habitat task Force, la Nation Crie de Chisasibi (Eeyou Istchee/Baie James, Québec) a mis de l’avant la réappropriation de la recherche sur son territoire en créant le Chisasibi Eeyou Resouce and Research Institute (CERRI). Depuis 2017, CERRI développe des projets de recherche liés aux besoins et questionnements des chasseurs et trappeurs de Chisasibi en intégrant les Savoir Traditionnels et Savoirs Écologique Traditionnels Cris aux premières étapes de la conception des projets de recherche. Ces initiatives, à la fois participatives et communautaires, représentent l’occasion de former les jeunes de la communauté aux outils de la recherche dans le cadre d’activités de terrain et de laboratoire. Notre modèle d’engagement communautaire repose sur le régime foncier ainsi que la structure décisionnelle traditionnelle Crie, soit celle des 40 lignes de trappes qui divisent le territoire de Chisasibi. Cette présentation permettra d’introduire les différents projets de CERRI, l’opérationnalisation des collaborations avec des partenaires (universités, organismes subventionnaires, etc.), les concepts de propriété intellectuelle associée aux Savoirs Traditionnels, les enjeux éthiques et les défis rencontrés dans le cadre des dernières trois années.

Résumé du colloque

La recherche universitaire au Canada assiste à de plus en plus d’initiatives de réconciliation avec les peuples autochtones et à des tentatives d’autochtonisation d’institutions et de pratiques. Ces mouvements, inspirés par la critique décoloniale, visent à ce que les recherches servent en premier lieu aux communautés concernées (Smith, 2013). L’approche par recherche-action participative et les recherches partenariales ou collaboratives se présentent comme des méthodes valorisées pour mobiliser les communautés dans ce processus (Éthier, 2010). Ce surcroît d’intérêt des chercheurs et des étudiants pour les études autochtones est aussi lié à des possibilités de financement.

Cette situation contribue à une réappropriation de la recherche et de la parole par les communautés. Plusieurs ont démontré que cette démarche valide les études et contribue à bonifier les résultats qui en découlent (Asselin et Basile, 2012). De plus, les innovations sociales provenant du monde autochtone profitent à la société et aux recherches en général, en valorisant des perspectives et des épistémologies marginalisées (Smith, 2013).

Toutefois, cette popularisation des études autochtones n’est pas à l’abri des effets de mode. L’approche communautaire en recherche comporte aussi des limites et pose plusieurs défis et dilemmes. En outre, des concepts tels que la réconciliation et l’autochtonisation sont lourds de sens et doivent être employés avec parcimonie. De plus, ces approches ne garantissent pas qu’il ne puisse s’opérer une hiérarchisation des savoirs et des rôles dans les équipes et dans la répartition du financement. Il convient donc de réfléchir à ces nouvelles pratiques et aux manières de mener des études en milieux autochtones dans ce nouveau contexte en émergence.

Nous invitons des acteurs des milieux autochtones et leurs partenaires à venir échanger leurs expériences et leurs points de vue. Nous interrogerons des manières d’éviter des dérives et diverses formes d’instrumentalisation. Nous aborderons les défis (politiques, éthiques, méthodologiques et épistémologiques) liés à la mobilisation des savoirs, les conditions gagnantes pour que les gens des milieux autochtones s’approprient les recherches et des stratégies pour arrimer les innovations sociales communautaires à celles du milieu académique.

De par sa formule interdisciplinaire et internationale, le colloque encouragera un réseautage et un échange de bonnes pratiques. Il contribuera à sensibiliser les conférenciers et l’auditoire à plusieurs défis et écueils qui guettent les études adoptant des méthodologies communautaires.

L’événement est organisé par le Bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki. La présence de l’organisation de la Nation W8banaki soulignera du fait même que la 88e édition du congrès de l’Acfas se tient sur son territoire ancestral. Le colloque regroupera des instituts culturels ou des instituts de recherche de plusieurs nations autochtones et des chercheurs de plusieurs universités.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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