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David Grant-Poitras : UQAM - Université du Québec à Montréal
Notre communication offre un survol des récents développements du mouvement de désinvestissement des énergies fossiles dans le milieu de l’éducation supérieure au Québec. L’objectif principal que nous poursuivons est de mettre en évidence le rôle déterminant joué par la mobilisation sociale derrière l'engagement pris par certaines universités de « défossiliser » le capital sous leur contrôle (fondations et/ou régimes de retraite). Après une courte réflexion théorique sur les transformations sociales, économiques et politiques que souhaite produire le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles, nous nous pencherons sur le travail que mènent des collectifs étudiants pour faire progresser la cause sur les campus universitaires. À cet effet, nous tracerons un portrait des collectifs étudiants de désinvestissement au Québec. Combien y en a-t-il dans la province et quelles sont exactement leurs revendications? Quel est l’état de leurs luttes et quelles stratégies mettent-ils en œuvre pour faire pression sur la direction des universités? Pour répondre à ces questions, nous nous appuyons sur les données d’une enquête menée entre 2017 et 2019 auprès de militants·es impliqués·es au sein de ces collectifs.
Plus qu’à tout moment de notre histoire collective, notre regard est de plus en plus tourné vers l’avenir. Nous prenons donc très au sérieux le consensus qui se construit présentement face à l’urgence d’agir pour réduire l’empreinte négative de nos modèles civilisationnels de développement sur les écosystèmes naturels en général et le climat en particulier. Nous nous questionnerons, dans ce colloque, sur la capacité effective de la philanthropie et du monde universitaire accompagnant la production de connaissances sur ce secteur, d’agir positivement eu égard à la montée des inégalités sociales, à la crise environnementale et aux diverses fractures identitaires (sexisme, racisme, colonialisme, etc.). La philanthropie de changement social occupe-t-elle la place qui pourrait lui revenir? Cette place et les rôles qui en découlent : quelle est-elle, quels sont-ils?
Le moment est venu d’agir collectivement et de façon inclusive en vue de générer de grands changements et d’opérer un basculement axiologique. Tant les représentant.e.s de l’univers philanthropique que les acteur.rice.s de la société civile progressiste sont confronté.e.s à l’inévitabilité d’investir leurs capacités de penser et d’agir dans une transformation en profondeur des institutions en place. Sur ce plan, le monde scientifique doit être en mesure de répondre positivement et rapidement au besoin de redéfinir le rôle et la place des sciences et de l’université. Quelle part de responsabilité scientifique et universitaire avons-nous face aux défis posés par la transition sociale et écologique?
Pour explorer les déblocages à réaliser, nous proposons un colloque en trois temps qui permettra à des représentant.e.s de l’écosystème philanthropique et à des représentant.e.s du milieu universitaire d’explorer les manières de transformer nos façons de produire et de reproduire le vivre-ensemble dans des sociétés inclusives, altières, solidaires et écologistes.