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Stéphanie Lanctôt : Université de Sherbrooke
En 2012, Hébert et Lépine présentaient une revue de la littérature sur les fondements de la notion de littératie en contexte scolaire dans laquelle ils ont recensé les principales définitions proposées par les chercheurs francophones de 1985 à 2011. Depuis, les recherches autour de la notion de littératie se sont multipliées, menant à l’émergence du champ de recherche sur les littératies universitaires. Ce champ vise à inscrire les spécificités des écrits (oraux ou textuels) dans leurs dimensions contextuelles, sociales et culturelles (Pollet, 2014) ainsi qu’à étendre ses perspectives d’analyse aux disciplines autres que le français (Delcambre et Lahanier-Reuter, 2010). Au Québec, l’enseignement supérieur inclut les cégeps et les universités. Les écrits exploités au cégep peuvent être examinés selon les mêmes critères de contextualisation et de continuité des apprentissages que les écrits universitaires (Lanctôt, 2020, soumis), d’où l’intérêt d’élargir le champ des littératies universitaires à celui des littératies dans l’enseignement supérieur, appellation plus juste et inclusive. Dans cette contribution, qui s’inscrit dans l’axe 1, nous présenterons les résultats d’une revue de la littérature sur les recherches menées dans le champ des littératies dans l’enseignement supérieur de 2011 à aujourd’hui dans la francophonie. À titre de résultats, nous proposerons une classification des différents thèmes abordés en fonction des objets de recherche.
Dans l’enseignement supérieur, les étudiants sont confrontés à des défis en matière de lecture et d’écriture, car, à chaque palier de la scolarité et dans chaque discipline ou domaine de connaissance, l’appropriation des savoirs passe par de nouveaux écrits à lire et à produire, souvent complexes. Ceux-ci ont des caractéristiques particulières que les étudiant.e.s ne connaissent pas encore. Aussi ont-ils besoin d’être accompagnés dans leur démarche d’appropriation des écrits. Par ailleurs, ce besoin d’accompagnement s’inscrit dans un environnement numérique, favorable non seulement à l’émergence de nouveaux genres universitaires (Russell, 2012), mais aussi à des stratégies numériques relatives aux littératies dans l’enseignement supérieur (Vincent et coll., 2019). Dans le milieu francophone, la prise en charge de la formation aux littératies propres à l’enseignement supérieur est nettement plus tardive que dans le milieu anglophone, mais son expansion n’en est pas moins rapide, comme en témoignent les nombreuses publications sur le sujet depuis le début des années 2000 (Blaser et Pollet, 2010; Boch, 2013; Delcambre et Lahanier-Reuter, 2010, 2012; Donahue, 2008, 2010; Pollet, 2001, 2004; Thyrion, 2011). Au Québec, plusieurs initiatives visant à soutenir l’entrée dans l’écrit universitaire des étudiant.e.s postsecondaires ont vu le jour dans les dernières années, tant dans les cégeps (Libersan, 2010; Bélec, 2018) que dans les universités (Blaser et coll., 2020; Messier et coll., 2016). Dans ce colloque, nous faisons le point sur la définition de la littératie au niveau postsecondaire, puis examinons les ruptures et les continuités dans l’appropriation des écrits selon les ordres d’enseignement, les supports (manuscrit ou numérique) et les caractéristiques des disciplines. Enfin, nous observons les caractéristiques et les retombées des formations aux littératies offertes dans différents établissements d’enseignement supérieur du Québec et d’ailleurs.
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