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Libre accès vs gouvernance : les sciences ouvertes au risque des communs

CB

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Claire Brossaud : Coexiscience

Résumé de la communication

Notre propos consiste à montrer comment une approche de la science par les communs se distingue d’une approche par les sciences ouvertes. Les communs, dans ce contexte, peuvent être caractérisés par des activités visant à gérer collectivement et à faire perdurer des ressources informationnelles issues de la recherche : plate-forme de données et de publications ouvertes citoyennes, tiers lieu, fablab, etc. Pour ce faire, nous monterons d’abord comment la critique sociale fondatrice des communs s’est emparée de la science à travers le phénomène des enclosures. Puis nous mettrons en lumière quelques filiations intellectuelles des communs, parmi lesquels les sciences citoyennes et les sciences ouvertes. Nous insisterons enfin sur le fait que les communs scientifiques ne se limitent pas au libre accès à la connaissance et à des formes d’institutionnalisation de la participation mais qu’ils questionnent aussi l’organisation des activités de production et de diffusion de la recherche. Trois conditions de leurs possibilités seront questionnées : épistémologique (comment rendre visible le travail du commun et le processus de co-construction de la recherche ?), économique (comment favoriser l’émergence d’un tiers espace de production de la recherche ? politique (comment instaurer une « gouvernance partagée » de la recherche ?). Des exemples et des citations d'auteurs de référence seront proposés dans l'intervention.

Résumé du colloque

« Une autre science est possible : science collaborative, science ouverte, science engagée, contre la marchandisation du savoir », proposait-on il y a 10 ans lors du colloque de fondation de l’Association science et bien commun. Depuis cet événement, nous nous sommes interrogés avec plus de 200 chercheuses et chercheurs des pays du sud et du nord, professionnels et citoyens, notamment sur les politiques scientifiques, la science comme outil de développement durable, la liberté universitaire, la responsabilité sociale des chercheurs et chercheuses, la science ouverte, le libre accès et la justice cognitive.

Aujourd’hui, comment s’articulent les différentes visions des sciences? Entre l’idéal de la science néolibérale vectrice d’un développement économique mondialisé, l’idéal de la science positiviste qui existe à côté de la société, motivée par la découverte d’une Vérité unique sans égard aux besoins et aux conséquences, l’idéal de la science engagée dans laquelle les savoirs deviennent actifs, vecteurs de progrès social — mais au profit de qui? —, et l’idéal de la science ouverte, qui reconnaît la diversité des savoirs et invite le dialogue — mais peut-être au détriment de son propre pouvoir et d’une certaine cohésion sociale?

Quelles formes prennent aujourd’hui les idéaux alternatifs de la science ouverte, engagée ou inclusive? À quelles activités scientifiques sont-ils associés? Existent-ils encore en marge, peu reconnus, peu soutenus? Devant la crise des changements climatiques et celle de la pandémie de la COVID-19, prennent-ils une nouvelle importance ou sont-ils dénaturés? Comment pourraient-ils être mieux soutenus par les politiques scientifiques des divers pays, par les actions des universités partout dans le monde, et par les chercheurs et chercheuses au nord comme au sud? Quels sont les nouveaux domaines prioritaires émergés ou émergents de la science ouverte, engagée ou inclusive; biodiversité, agroécologie, droits de la personne, énergies?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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