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Florent Biao : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Au Québec et en Suisse, le Programme de formation (MELS, 2007) et le Plan d’études roman (CIIP, 2006) invitent explicitement les enseignants à articuler les composantes de la discipline français pour rendre plus efficients les apprentissages. Paradoxalement, alors que notre discipline s’en veut une d’intervention, il existe peu de dispositifs testés et validés permettant d’accompagner les enseignants dans la mise en œuvre de cette approche.
Dans le but d’apporter une solution concrète à ce problème, nous avons, dans une approche collaborative avec des enseignants du Québec et de la Suisse, élaboré et expérimenté deux dispositifs d’enseignement qui tentent d’articuler l’étude de la langue à celle des textes à travers deux genres littéraires : la fable et le slam.
Dans le souci d’élaborer des dispositifs qui tiennent compte des contraintes de la classe, nous avons opté pour une ingénierie didactique collaborative (Sénéchal, 2016) de seconde génération. Cette méthodologie, qui se nourrit de l’ingénierie didactique (Artigue, 1996) et des recherches dites collaboratives (Desgagné, 1997; Bednarz, 2013), vise entre autres l’élaboration de séquences didactiques pour l’enseignement d’un contenu, l’étude d’une notion spécifique et la mise en place de stratégies globales d’enseignement (Artigue, 1989).
Cette communication présentera les résultats de cette ingénierie didactique collaborative et les apports d’une telle méthodologie à la fois pour les chercheurs et pour les praticiens.
Longtemps normative, la didactique du français s’est transformée au cours des dernières années pour devenir davantage descriptive (Canelas-Trevisi, Moro, Schneuwly et Thévenaz, 2000; Bain et Canelas-Trevisi, 2007), ce qui a permis de montrer que les précédentes orientations didactiques n’avaient pas eu les retombées escomptées dans le milieu : les recommandations (propositions) tenaient peu compte des contraintes et des particularités de la classe, ce qui faisait en sorte qu’elles n’étaient généralement pas opérationnelles. Dans les faits, les recherches en didactique du français s’appuyaient initialement sur les connaissances issues de disciplines savantes (p. ex. : sciences du langage, littérature, psychologie cognitive, etc.) et menaient à des propositions de transposition didactique qui n’étaient pas toujours viables en classe. Cela a contribué à créer le fossé qui a longtemps existé entre la théorie et la pratique.
Pourtant, la recherche en éducation devrait être, dans une certaine mesure, intrinsèquement liée à l’enseignement, « car il s’agit là de deux stratégies de formation indispensables et complémentaires, l’une actualisant les apports de l’autre et lui apportant l’éclairage indispensable du terrain et des pratiques » (Lenoir, 1996, p. 206). Aussi n’est-il pas étonnant que les recherches de type collaboratif se soient multipliées ces dernières années, menant ainsi à une réelle transformation de la didactique du français. Toutefois, la collaboration nécessite souvent de revoir ses objectifs de départ (et ne permet pas toujours de les atteindre), ce qui fait qu’on remet parfois en question la scientificité des recherches de type collaboratif. Ce colloque permet donc aux chercheurs réunis d’apporter des éléments de réponse à la question suivante : comment rendre ces recherches plus légitimes aux yeux de la communauté scientifique?
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