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Laurie Gagnon-Bouchard : Université d'Ottawa
Cette communication propose une analyse critique de l’intégration du concept de vulnérabilité dans les orientations politiques 2013-2020 en matière de changements climatiques du gouvernement libéral du Québec. Les orientations politiques en matière de lutte aux changements climatiques au Québec issues du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques et de la Stratégie d’adaptation aux changements climatiques 2013-2020 ont été analysées. Ce qui a été plus spécifiquement observé est ce que l’adoption du concept de vulnérabilité permet d’opérer dans les orientations politiques. Sandra Laugier (2012, 2015) et Judith Butler (2006, 2015) ont toutes deux affirmé de la difficulté générale de reconnaître la condition de vulnérabilité puisqu’elle nécessiterait de revoir la façon dont nous envisageons notre rapport au monde. Il semble aussi que l’intégration par les institutions des concepts critiques émanant des marges sert le plus souvent à remettre de l’avant un programme politique qui prévalait avant la mobilisation de ces concepts. L’analyse réalisée révèle que les usages de la vulnérabilité permettent de justifier le soutien institutionnel des secteurs économiques au cœur du Plan Nord, de mettre de l’avant une gestion des risques et des vulnérabilités qui ne questionne pas fondamentalement le système qui les a créés, de reconduire une vision utilitaire et un rapport de domination à la nature.
Le Québec se voit confronté à un nombre grandissant d’enjeux provoqués par les changements climatiques. Bouleversements que subissent les écosystèmes et les communautés nordiques isolées, perte accélérée de biodiversité, vagues de chaleur extrême et crues extrêmes en sont quelques exemples. Ces modifications des systèmes climatiques menacent déjà le rendement des terres agricoles, les chaînes d’approvisionnement, les infrastructures et bâtiments, mais surtout la santé, la sécurité et les conditions de vie des Québécois et Québécoises. D’autre part, les changements climatiques entraînent de nouvelles possibilités, comme l’allongement de la saison estivale qui favorise certains sports estivaux, l’implantation de nouveaux cultivars et des modifications de la zone agricole.
Adapter le Québec à la réalité climatique pose de véritables défis de gouvernance, car plusieurs dimensions de nos milieux, de nos modes de vie et de nos façons de faire sont remises en question. Accélérer la mise en œuvre de l’adaptation nécessite d’intervenir à plusieurs échelles ou niveaux décisionnels, et ce, de façon transversale. L’ensemble des orientations, des structures, des mécanismes et des outils en place doivent être revisités à l’aune des changements climatiques, et parfois même complètement repensés.
Les acteurs de la gouvernance, tels que les municipalités, les gouvernements provinciaux et nationaux de même que les organisations internationales, se doivent de réfléchir collectivement aux enjeux complexes et interdépendants, à la pluralité des acteurs concernés et aux stratégies pour améliorer le leadership de la gouvernance climatique. Les objectifs de cette démarche : accentuer la mise en œuvre de solutions d’adaptation cohérentes; transformer les structures et modes de fonctionnement des processus en place ainsi que définir les orientations de recherche permettant de soutenir cette transformation.
À l’heure actuelle, les institutions responsables de la gouvernance climatique au Québec ne sont pas outillées pour bien structurer et coordonner les processus de décision et de planification à moyen et à long terme. Le manque de clarté sur les rôles et les responsabilités des différents acteurs complique la capacité de l’État à implanter des changements tant sur les plans interinstitutionnel et intersectoriel que sur le plan territorial.
Ce colloque propose d’explorer les questions suivantes : comment, à partir d’un regard plus intégré, pouvons-nous établir des modes de gouvernance efficaces, cohérents et adaptés à la réalité des changements climatiques? quels seraient les ingrédients utiles pour accélérer la mise en œuvre de l’adaptation de la société québécoise à travers la gouvernance et ses composantes, notamment le leadership, les mécanismes et les processus, et la démarche/empowerment collaborative? comment traiter la transformation de la gouvernance lorsqu’il est question de priorités d’adaptation à des échelles plus régionales, voir locales?
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