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L’itinéraire spirituel de Pierre Hadot

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Nicolas Comtois : Université de Montréal

Résumé de la communication

La présente communication propose une vue critique sur les entretiens de Pierre Hadot parus en 2001 sous le titre La Philosophie comme manière de vivre. Nous montrerons que l’autobiographie dialoguée que l’on peut trouver dans cet ouvrage suit dans ses grandes lignes un fil conducteur défini ayant son point de départ dans l’expérience dite « du sentiment océanique ». Nous ferons valoir que l’insistance de Hadot sur cette expérience a eu un effet déterminé sur certains de ses lecteurs les plus assidus : elle les a poussés à voir dans son intérêt croissant pour les exercices spirituels du stoïcisme une rupture avec la métaphysique de Plotin, voire un « déni de la transcendance ». Nous ferons voir que l’autobiographie de Hadot et les interprétations que l’on en a faites jusqu’ici reposent en définitive sur le caractère bergsonien du récit que celui-ci a fait de sa vie : l’expérience du sentiment océanique joue dans les entretiens, selon nous, le rôle d’une « intuition philosophique ». L’ensemble de cette réflexion permettra de mettre en exergue un motif alternatif pour la compréhension de la vie de Hadot, qui réside dans la question de l’interprétation des textes.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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