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Mémoires de familles seigneuriales anglophones du Québec : de l’altérité à la bonne entente

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Benoit Grenier : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Dès la conquête, la minorité britannique en sol québécois s’est intéressée à la propriété seigneuriale et celle-ci possède près de 50% des fiefs au moment de l’abolition (1854). Les propriétaires seigneuriaux de souche anglo-protestante constituent donc une quasi «majorité» au sein du groupe, mais ils n’en demeurent pas moins une composante de la minorité linguistique et culturelle «anglaise» du Québec. Ces familles incarnent une figure d’altérité, tant sur le plan socio-économique que linguistique et religieux. Comment composaient-elles avec la population majoritairement canadienne-française et catholique? Quelles solidarités se tissaient avec les autres familles seigneuriales, d’ascendance française? Et quelle mémoire ont-elles conservé et transmise? Ces questions ont été soulevées dans le cadre d’une enquête d’histoire orale menée auprès des descendants de familles seigneuriales du Québec, tant francophones qu'anglophones. Il en a résulté une idéalisation, voire une folklorisation, de la relation seigneur/censitaire, loin des conflits que révèlent les archives, mais aussi une affirmation de valeurs élitaires communes marquées par le bilinguisme et le biculturalisme, valeurs transmises jusqu’à nos jours à leurs descendants.

Résumé du colloque

Ce colloque explore les liens entre le patrimoine, la mémoire et la vitalité chez les communautés linguistiques en situation minoritaire au Canada et ailleurs dans le monde.

Ce colloque interdisciplinaire encourage les approches critiques des concepts de patrimoine, de mémoire et de vitalité. Comment les communautés minoritaires s’approprient-elles ces notions dans leurs discours et dans leurs pratiques? La notion de patrimoine est facilement associée à celle de mémoire collective, qui renvoie aux processus suivant lesquels se construisent des représentations sociales ainsi que des symboles autour de personnages et de faits marquants caractéristiques de l’histoire d’une collectivité. Quel est l’impact de cela sur la vitalité communautaire? Qu’en est-il du lien entre patrimoine et histoire? Lowenthal fait ressortir les tensions entre la discipline historique, qui est objective et désintéressée, et le patrimoine, qui vise à informer le présent.

En particulier, le colloque vise à faire état du rôle de la mémoire dans ces communautés avec des études de cas. Quels rapports les minorités linguistiques entretiennent-elles avec leur passé et comment ces rapports participent-ils à leur épanouissement au présent? Quels pratiques et lieux participent à la transmission d’une mémoire et de l’histoire des communautés à différentes échelles : locale, régionale, nationale, voire internationale?

Nous nous intéressons, entre autres, à la marchandisation du patrimoine et des activités de mémoire des communautés minoritaires. Comment le passé se traduit-il en une industrie touristique et en produits touristiques? Quel est l’impact économique de ces activités et dans quelle mesure, le cas échéant, la « crédibilité scientifique » est-elle sacrifiée? Compte tenu des enjeux culturels et économiques, comment un dialogue ouvert sur les forces et les faiblesses de ces passés construits peut-il avoir lieu?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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