pen icon Colloque
quote

Méthodologie philosophique et modélisation théorique en économie : le cas de la contagion mimétique

PV

Membre a labase

Philippe Verreault-Julien : Eindhoven University of Technology

Résumé de la communication

Le naturalisme est la position selon laquelle la méthodologie empirique scientifique peut résoudre les problèmes à la fois de la philosophie et de la science. Or, la validité du naturalisme implique qu’il y ait une différence réelle entre les méthodes dites scientifique et philosophique. Car si la science et la philosophie ont des similarités méthodologiques, cela met en doute dans quelle mesure la philosophie devrait être naturalisée.

Dans cet article, j’examine la présence de justification méta-empirique en modélisation théorique en science économique. Plus précisément, je soutiens qu’il y a des similarités méthodologiques entre la philosophie et la modélisation théorique. J’illustre mon argument par une étude de cas portant sur le modèle de contagion mimétique de Banerjee (1992).

Mon approche théorique se base sur deux formes de justification méta-empirique en philosophie, l’une que je qualifie d’orthodoxe (p. ex. Bealer 1998) et l’autre de révisionniste (p. ex. Williamson 2007). La première dresse une distinction catégorique entre la justification a priori et a posteriori et accorde un statut épistémique spécial aux intuitions. L’approche révisionniste rejette ces deux thèses.

Je montre que si l’approche orthodoxe ne nous permet pas de conclure à des similarités méthodologiques, l’approche révisionniste, elle, le permet. Cela suggère qu’il y a une plus grande continuité entre la philosophie et la science que ce que le naturalisme présuppose.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :