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Mis en marge, pour deux mois ou pour toujours : extériorisations de différents reclus forcés

SA

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Stéphane Amato : Université de Toulon

Résumé de la communication

De très nombreuses personnes ont mal vécu le confinement, assimilé à un moment de « liminalité ». Cela a été renforcé par l’émergence de rites communautaires, comme par exemple faire du bruit aux balcons. Ces manifestations bruyantes constituent un véritable phénomène rituel destiné à maintenir un lien horizontal ainsi que, dans une quête de verticalité, à conjurer les forces du ciel d’éliminer ce virus « diabolique » (« qui divise » ou « qui désunit »). Dans la même période, de nombreuses personnes en situation de handicap ont exprimé l’idée suivante : « Pour nous, le confinement, c’est tout le temps ». Cela contribue à favoriser l’« extériorisation » sur Internet. Nous avons observé des messages postés par des personnes se présentant comme étant en situation de handicap, sur la plateforme de microblogging Twitter, dans la période du premier confinement en France. Ces messages ont tendu à émerger de façon isolée et à ne générer que peu d’interactions. Cependant, il est possible, dans une perspective de ritualité numérique, d’imaginer des usagers en position de « lurking », s’appropriant l’idée et la diffusant reformulée, en son propre nom (ou pseudonyme). C’est cette hypothèse que nous voulons considérer ici en symétrie et formellement dans les mêmes proportions avec le confinement. Nous mettrons ainsi en parallèle ces deux formes d’extériorisation, pour amorcer une analyse concernant ce qui les unit et ce qui les oppose dans leurs dimensions symboliques et rituelles.

Résumé du colloque

La pandémie n’a pas provoqué seulement l’interruption de la vie sociale dans ses manifestations usuelles, ni seulement une concentration familiale, avec la réclusion et le confinement. La pandémie fonctionne comme un « révélateur » de la situation réelle de nos sociétés, du plan politique plus large à celui des convictions privées, comme les croyances religieuses. Les rites sont au cœur de processus à un double titre : en tant que pratiques sociales, les rites ont été interrompus, voire mis en pause; mais en tant que pratiques symboliques, leur fragilité et leur force, leur infirmité et leur utilité ont été mises au clair, notamment sur trois plans : celui de la relation entre le pur et l’impur qui caractérisait les sacrifices; celui du degré de définition et de délimitation des rites en tant que pratiques sociales et symboliques, c’est-à-dire, dans la terminologie de Victor Turner, l’aspect de la « liminalité »; et celui de l’horizon utopique et du sens du temps, comprimé dans une sorte de corrélation avec le confinement spatial. La pandémie a ainsi bouleversé des aspects rituels largement oubliés dans le contexte de la modernité et de la postmodernité. Cette situation oblige, par conséquent, à revenir sur ces dimensions d’un point de vue critique; un point de vue ethnologique, herméneutique (historique, socioreligieux) et symbolique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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