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Nouvelles orientations à l’appui de la recherche et de la formation en recherche autochtone au Canada

DB

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Dominique Berube

Résumé de la communication

En janvier 2020, les organismes fédéraux qui subventionnent la recherche, y compris le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) publiaient un plan stratégique pour établir de nouvelles orientations à l’appui de la recherche et de la formation en recherche autochtone. Ce plan est guidé par les principes clés suivants : l’autodétermination, la décolonisation, la responsabilisation et l’équité des chances, et a établi quatre orientations stratégiques, des objectifs et des mécanismes de mise en œuvre. Sera présentée la façon dont les collectivités autochtones à travers le pays ont été mobilisées pour partager leurs histoires, leurs perspectives, leurs besoins, leurs préoccupations et leurs aspirations en matière de recherche autochtone afin que le plan reflète leurs réalités, dans un objectif de co-création. Suivra la communication des détails du plan et des moyens de mise en œuvre par les organismes fédéraux, ainsi qu’un partage des défis à cette mise en œuvre. Le plan stratégique fait partie de l’initiative Renforcement des capacités en recherche autochtone, qui vient répondre aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada en ce qui concerne la recherche, ainsi qu’à une priorité du Comité de coordination de la recherche au Canada.

Résumé du colloque

La recherche universitaire au Canada assiste à de plus en plus d’initiatives de réconciliation avec les peuples autochtones et à des tentatives d’autochtonisation d’institutions et de pratiques. Ces mouvements, inspirés par la critique décoloniale, visent à ce que les recherches servent en premier lieu aux communautés concernées (Smith, 2013). L’approche par recherche-action participative et les recherches partenariales ou collaboratives se présentent comme des méthodes valorisées pour mobiliser les communautés dans ce processus (Éthier, 2010). Ce surcroît d’intérêt des chercheurs et des étudiants pour les études autochtones est aussi lié à des possibilités de financement.

Cette situation contribue à une réappropriation de la recherche et de la parole par les communautés. Plusieurs ont démontré que cette démarche valide les études et contribue à bonifier les résultats qui en découlent (Asselin et Basile, 2012). De plus, les innovations sociales provenant du monde autochtone profitent à la société et aux recherches en général, en valorisant des perspectives et des épistémologies marginalisées (Smith, 2013).

Toutefois, cette popularisation des études autochtones n’est pas à l’abri des effets de mode. L’approche communautaire en recherche comporte aussi des limites et pose plusieurs défis et dilemmes. En outre, des concepts tels que la réconciliation et l’autochtonisation sont lourds de sens et doivent être employés avec parcimonie. De plus, ces approches ne garantissent pas qu’il ne puisse s’opérer une hiérarchisation des savoirs et des rôles dans les équipes et dans la répartition du financement. Il convient donc de réfléchir à ces nouvelles pratiques et aux manières de mener des études en milieux autochtones dans ce nouveau contexte en émergence.

Nous invitons des acteurs des milieux autochtones et leurs partenaires à venir échanger leurs expériences et leurs points de vue. Nous interrogerons des manières d’éviter des dérives et diverses formes d’instrumentalisation. Nous aborderons les défis (politiques, éthiques, méthodologiques et épistémologiques) liés à la mobilisation des savoirs, les conditions gagnantes pour que les gens des milieux autochtones s’approprient les recherches et des stratégies pour arrimer les innovations sociales communautaires à celles du milieu académique.

De par sa formule interdisciplinaire et internationale, le colloque encouragera un réseautage et un échange de bonnes pratiques. Il contribuera à sensibiliser les conférenciers et l’auditoire à plusieurs défis et écueils qui guettent les études adoptant des méthodologies communautaires.

L’événement est organisé par le Bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki. La présence de l’organisation de la Nation W8banaki soulignera du fait même que la 88e édition du congrès de l’Acfas se tient sur son territoire ancestral. Le colloque regroupera des instituts culturels ou des instituts de recherche de plusieurs nations autochtones et des chercheurs de plusieurs universités.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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