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Philosophiques, ou la naissance de la modernité philosophique

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Jean-Claude Simard : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Comme la précédente, cette conférence se situe dans le contexte d'une importante recherche en cours : un programme d'étude de quelques grandes revues québécoises de philosophie, mis sur pied dans le cadre des humanités numériques et de l'analyse assistée par ordinateur. La revue Philosophiques, organe de la Société de philosophie du Québec, n’avait jamais fait l’objet d’une analyse fouillée. Pour en analyser le contenu de manière détaillée, on croisera les données de l'approche computationnelle et les résultats obtenus par une analyse plus traditionnelle de la revue. À cette fin, on examinera d'abord le contexte politique chargé dans lequel est née Philosophiques, qu'on parle du marxisme, de l'analyse des idéologies, de la psychanalyse, du structuralisme ou de la pensée de la différence. On exposera ensuite la façon dont ces orientations sont entrées en résonnance, sinon en concurrence, avec les approches philosophiques d’obédience grecque, française et allemande, déjà solidement implantées dans le paysage intellectuel du Québec. Enfin, on évoquera la consolidation, au cours des années 1980, de l’approche analytique, un changement de paradigme qui engendra des découpages théoriques inédits et une nouvelle sensibilité pour les éthiques spécialisées, premier pas vers une circulation élargie des idées et l’internationalisation actuelle de la discipline.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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