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Plans nationaux d’action et la responsabilité des entreprises minières transnationales dans les violations des droits humains en Amérique Latine

JL

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Jânia Maria Lopes Saldanha : Universidade do Vale do Rio dos Sinos

Résumé de la communication

Les études montrent que les sociétés transnationales minières augmentent le produit intérieur brut de nombreux États. Cependant, elles ont imposé aux individus et aux communautés des coûts sociaux, environnementaux et humains qui doivent être pris au sérieux, car ils contredisent un ensemble normatif international de protections des droits humains. L'Amérique latine est la cible de l'exploitation minière où elle n'est pas un nouveau phénomène. Mais, depuis des années 1970, sous l’influence du néolibéralisme, l’organisation des entreprises minières a commencé à prendre une forme multinationale, ce qui a eu un impact considérable empêchant de limiter leurs actions et de leur imposer des responsabilités. Les sociétés minières sont les principaux auteurs de violations des droits. Ainsi, la création de cadres juridiques internationaux qui réduisent les abus et protègent les victimes est un besoin. Les « Principes John Ruggie » sont des balises pour chercher un équilibre entre les intérêts économiques et le respect des droits humains. Les Plans d'action nationaux pour les entreprises et les droits humains peuvent être considérés comme une alternative positive pour que les États et les entreprises s'acquittent de leur obligation de respecter les droits humains. Cette communication présentera d’abord une analyse de l’activité minière en Amérique latine. Deuxièmement, nous analyserons les PAN et la nécessité d’un «lieu» pour encadrer les entreprises d’extraction de minéraux.

Résumé du colloque

Depuis les années 1980, le secteur extractif connaît un boom sans précédent à l’échelle mondiale. Les exploitations minières, agro-industrielles, d’hydrocarbures, et d’hydroélectricité ne cessent de se multiplier, malgré les résistances qu’elles provoquent. Le modèle extractiviste a renouvelé les formes de dépendance et de primarisation des économies, particulièrement en Amérique latine, en Afrique et en Asie-Pacifique, et traverse le spectre politique, faisant consensus dans les États tant néolibéraux que postnéolibéraux (Acosta, 2011; Gudynas, 2011; Svampa, 2013). Sous le mirage des retombées économiques, les États mettent en place des cadres législatifs, juridiques et des allègements fiscaux dont la balance surpasse pourtant les redevances perçues (Deneault, 2012, 2014).

Aujourd’hui, une partie de la recherche sur l’extractivisme continue d’évaluer les rapports de celui-ci à la croissance, à la dépendance économique et aux régimes patrimoniaux et rentiers. D’autres s’intéressent à la forte répression contre les opposant·e·s à l’extractivisme. L’exploitation des ressources étant justifiée au nom de l’« intérêt national », l’urgence et l’exceptionnalité sont invoquées pour défendre la prérogative étatique de disposer des ressources, criminalisant les luttes pour la défense du territoire. Surtout, nous nous interrogeons sur ces politiques dans le contexte où l’extractivisme au 21e siècle semble repousser toutes les frontières. La raréfaction des ressources pousse à l’exploitation de gisements non conventionnels dans des zones géographiques jusque-là hors de portée de l’expansion capitaliste. Même la transition énergétique, préconisée pour lutter contre le bouleversement du climat, entraîne une intensification de l’extraction minière par la valorisation de nouveaux métaux. Ce colloque vient s’intéresser à l’articulation des conflits sociaux créés par l’extractivisme contemporain et les réponses sociales, universitaires et militantes avancées face à ces problématiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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