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Préceptes démocratiques de discours africains : analyse du conte "Comment le lion devint roi" et du film "Guimba, un tyran, une époque"

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Mahamadou Hassane Cisse : Université Nazi Boni

Résumé de la communication

De l’oralité au cinéma, en passant par les livres, les discours littéraires et filmiques africains sont empreints de préceptes démocratiques jadis assimilés tout simplement à des valeurs morales. Ces récits traditionnels et modernes se veulent donc le reflet de valeurs idéologiques. En effet, les films de fiction de réalisateurs africains traduisent une certaine intertextualité avec les littératures orales et écrites africaines considérées comme leurs devancières. L’analyse du corpus constitué du conte traditionnel malien, "Comment le lion devint roi" et du film de fiction "Guimba, un tyran, une époque", du réalisateur Cheikh Oumar Sissoko, du Mali, révèle un discours qui tranche avec une certaine vision péjorative, voire erronée, de la culture démocratique en Afrique, où la démocratie est d’ailleurs considérée comme un luxe. C’est pourquoi il apparaît urgent de légitimer l’élaboration d’un véritable contre-discours en phase avec le concept d’Africanologie. Son objectif majeur consiste à évaluer l’ancrage de la démocratie dans l’oralité et dans les cinémas africains. Cette communication se propose d’examiner le discours de ces œuvres d’art africain sous l’angle de la narrativité spatiale, vecteur par excellence de leur discours idéologique. Pour ce faire, elle procède d’un croisement entre les sémiotiques topologiques et la sémiotique discursive.

Résumé du colloque

Le concept d’africanologie (Diakité, 2016) se définit, selon son concepteur, comme :

« Une discipline réflexive née de la jonction des sciences philosophiques, expérimentales, des cultures africaines, occidentales et des sciences humaines. Elle est un champ interdisciplinaire qui commence d’abord par la philosophie, passe de là aux sciences humaines et s’achève dans les sciences expérimentales. L’Africanologie est une tétraphilosophie; c’est-à-dire qu’elle est à la fois une géophilosophie, une historiophilosophie, une sociophilosophie et une médicophilosophie. Elle se définit donc comme une scientophilosophie, c’est-à-dire l’étude clinique, scientifique et philosophique de l’Afrique à partir de sa genèse et de son fonctionnement en tenant compte de son histoire, de ses cultures, de ses civilisations, de ses découvertes, de ses inventions et de ses pratiques. L’Africanologie est le gain de la symbiose des savoirs occidentaux et des savoirs endogènes africains. » (Diakité, 2018, p.122-123)

L’africanologie peut apparaître comme le résultat d’une volonté de reconstruction et de renaissance d’une société africaine à travers l’éveil des consciences.

Ainsi, à l’image de la négritude, l’africanologie se veut aujourd’hui la thérapeute de l’Afrique et des Africains, en vue de venir à bout des maux qui les rongent. À partir d’un diagnostic réaliste et objectif du mal africain, dénué de toute complaisance, l’africanologie se fait un devoir d’indiquer aux Africains les voies et les moyens susceptibles d’en venir à bout, et donc de créer les conditions de l’émergence, ultime étape vers le développement. Mais en réalité, l’africanologie est-elle susceptible d’influencer le destin de l’Afrique et des Africains, en leur donnant la possibilité de relever les défis du développement? Faut-il voir en l’africanologie un concept de trop au sein des études africaines? Sa démarche se démarque-t-elle des autres disciplines et autres doctrines vouées à l’Afrique? La révolution, sous-tendue par l’éveil des consciences qu’elle prône, ne présuppose-t-elle pas la mise en parallèle des perspectives exogènes et celles dites endogènes? Finalement, quelles peuvent être les forces et les faiblesses de l’africanologie, dans sa contribution à la marche de l’Afrique vers l’émergence, dans un contexte de mondialisation?

Ce colloque vise à faire l’état des lieux des études africaines contemporaines en général, et de l’africanologie en particulier, au regard des défis des temps nouveaux. Il se doit, pour y parvenir, de proposer une discussion critique autour du concept d’africanologie, c’est-à-dire en débattre l’opportunité du surgissement et en relever d’une part les forces et d’autre part les faiblesses, le tout dans une mise en parallèle avec d’autres disciplines, doctrines ou concepts en lien avec l’Afrique, et ce, dans le but de situer la contribution de l’africanologie dans le processus de développement de l’Afrique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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