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Marie-Line Tovar : SEDAP
La troisième enquête nationale réalisée en 2019, rapporte que 47,2 % des Français âgés de 15 à 75 ans ont déclaré une pratique de jeux d’argent et de hasard (JAH) au cours de l’année, soit une baisse de 10 points en cinq ans, mais par contre elle a noté une croissance de l’usage d’Internet pour la pratique des jeux (de 4,2 % à 7,1 %, + 2,9 points). Dans l’ensemble des activités de jeux d’argent, les jeux de pur hasard (jeux de la loterie, machines à sous hors poker…) occupent la 1ère place : « 91,7 % des joueurs pratiquent les jeux de loterie (tirage et grattage) » selon Costes J. M. et al., 2020.
L’Etude Nationale sur les Impacts des Gains Marquants (ENIGM) apporte des éléments pour une meilleure compréhension du parcours des joueurs et des événements marquants dans leur pratique afin d’améliorer les moyens mis en œuvre dans la prévention et dans la réduction des risques et des dommages. Elle vise, d’une part, à décrire les expériences de gains marquants rapportées par les joueurs, d’appréhender les comportements des différents types de joueurs (récréatifs, à faible risque, à risque modérés, excessifs) suite à ces gains, et d’autre part à analyser dans quelles mesures et dans quels contextes, ces gains marquants impactent leur parcours de joueurs, leurs cognitions et leurs émotions.
Bien que les technologies utilisées pour diffuser les activités de jeux se soient énormément développées, nous constatons que la prise en charge clinique, le dépistage, la prévention et la recherche ont de leur côté peu profité de ce même essor. En effet, à l’heure actuelle, alors que des centres de soins existent, seulement de 2 à 7 % des personnes y auraient recours, et ce, plusieurs années après l’apparition des problèmes de jeu. Pour quelles raisons ? Comment encourager les demandes d’aide ?
Ce colloque de 2021 s’inscrit dans la continuité de notre première édition au congrès de l’Acfas 2019.
Dans la première partie du colloque, nous questionnerons d’abord les évolutions des pratiques de jeux en général et celles des jeux d’argent en particulier, à l’aune d’un processus de « gam(bl)ification » qui conduirait à la fois à une hybridation des pratiques ludiques et à une extension du domaine du jeu. Puis, nous nous pencherons plus spécifiquement sur les évolutions du secteur des jeux d’argent au regard de la façon dont se construit l’offre et la demande de jeux selon les pays et dont on peut agir sur le consommateur en termes de prévention de l’addiction et de réduction des risques.
Dans la seconde partie, nous nous intéresserons plus précisément aux dispositifs de prévention appliqués aux pratiques de jeux en ligne et à leurs utilisateurs, que ceux-ci soient joueurs de poker en ligne, usagers d’applications mobiles, gamers ou encore joueurs de e-sport. Enfin, nous découvrirons de nouvelles perspectives de soins en matière d’addiction au jeu et de cyberdépendance, en portant une attention particulière aux stratégies de sensibilisation, de déstigmatisation et de prévention possibles dans le but de développer l’accessibilité des soins auprès des populations les plus vulnérables.
Nous espérons que ce colloque sollicitera de nouvelles collaborations et de nouvelles perspectives communes de travail sur la question de l’accessibilité et de l’acceptabilité des soins, non seulement dans le domaine du jeu excessif et de l’addiction comportementale, mais également, plus largement, dans le domaine de la santé mentale.
Thème du colloque :