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Kathleen Sénéchal : UQAM - Université du Québec à Montréal
Bien que l'importance de l'oral réflexif soit reconnue, notamment parce que ce type d’oral permet aux élèves de mettre en mots leurs apprentissages, les enseignants procèdent généralement de façon intuitive lorsque vient le temps de soutenir son appropriation chez les apprenants. Toutefois, pour offrir à ces derniers des occasions fréquentes de réaliser des apprentissages par la verbalisation, les enseignants doivent adopter des pratiques d’enseignement qui stimuleraient la prise de parole, mais aussi des pratiques de gestion de la classe cohérentes avec celles-ci, amenant les élèves à prendre une plus grande part de responsabilités dans toutes les dimensions de leurs apprentissages. Aussi l’objectif de cette recherche collaborative est-il de coconstruire, avec des enseignants des trois cycles du primaire, des pratiques d’enseignement soutenant le développement des compétences en littératie des élèves par la mise en œuvre de l’oral réflexif et de pratiques de gestion de la classe cohérentes et favorisant le temps de parole des élèves via des interactions entre pairs. Deux groupes de discussion ont été conduits avec nos collaborateurs dans le but de cerner les obstacles et les défis à la mise en place de pratiques d'enseignement et de gestion de la classe favorisant la prise de parole des élèves en classe. Nous présenterons les résultats issus de ces échanges, qui permettront d'établir les besoins de développement professionnel des enseignants prenant part à notre recherche.
Longtemps normative, la didactique du français s’est transformée au cours des dernières années pour devenir davantage descriptive (Canelas-Trevisi, Moro, Schneuwly et Thévenaz, 2000; Bain et Canelas-Trevisi, 2007), ce qui a permis de montrer que les précédentes orientations didactiques n’avaient pas eu les retombées escomptées dans le milieu : les recommandations (propositions) tenaient peu compte des contraintes et des particularités de la classe, ce qui faisait en sorte qu’elles n’étaient généralement pas opérationnelles. Dans les faits, les recherches en didactique du français s’appuyaient initialement sur les connaissances issues de disciplines savantes (p. ex. : sciences du langage, littérature, psychologie cognitive, etc.) et menaient à des propositions de transposition didactique qui n’étaient pas toujours viables en classe. Cela a contribué à créer le fossé qui a longtemps existé entre la théorie et la pratique.
Pourtant, la recherche en éducation devrait être, dans une certaine mesure, intrinsèquement liée à l’enseignement, « car il s’agit là de deux stratégies de formation indispensables et complémentaires, l’une actualisant les apports de l’autre et lui apportant l’éclairage indispensable du terrain et des pratiques » (Lenoir, 1996, p. 206). Aussi n’est-il pas étonnant que les recherches de type collaboratif se soient multipliées ces dernières années, menant ainsi à une réelle transformation de la didactique du français. Toutefois, la collaboration nécessite souvent de revoir ses objectifs de départ (et ne permet pas toujours de les atteindre), ce qui fait qu’on remet parfois en question la scientificité des recherches de type collaboratif. Ce colloque permet donc aux chercheurs réunis d’apporter des éléments de réponse à la question suivante : comment rendre ces recherches plus légitimes aux yeux de la communauté scientifique?
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