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Davide Pulizzotto : Université de Sherbrooke
Un champ d'études propre à l'informatique domine la révolution technologique du XXIe siècle : l'intelligence artificielle (IA). Cette révolution touche aussi la recherche académique et de nombreuses disciplines ont déjà développé des programmes de recherche interdisciplinaire faisant appel à l'IA. La recherche philosophique n’échappe ni à l'étude critique du phénomène, ni à l'analyse épistémologique de sa rencontre avec l'informatique. Parmi les nombreuses études, l’analyse de texte assistée par ordinateur (ATO) est un des bancs d’essai les plus prometteurs. Dans cette présentation, nous éclaircirons le rôle joué par l’apprentissage automatique en ATO. Nous introduirons d’abord les concepts de base des approches en apprentissage automatique. Ensuite, nous analyserons les procédures permettant à certains algorithmes de mener une analyse sémantique d'un corpus. Enfin, nous donnerons quelques exemples d’utilisation en contexte philosophique. Nous espérons ainsi démystifier l’ATO et illustrer le potentiel heuristique des modèles computationnels, particulièrement pour la recherche en philosophie. Cette présentation ne donnera pas de réponse définitive à la question du titre, mais elle offrira les outils conceptuels nécessaires pour animer un débat, désormais inéluctable, sur le métissage disciplinaire entre IA et sciences humaines et sociales.
Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.
Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?