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Quelle place pour les femmes (et tou.tes les autres) en philosophie ?

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Carole Hosteing : Université de Picardie Jules-Verne

Résumé de la communication

À parcourir les œuvres philosophiques canoniques, il apparaît que la question de la place des femmes en philosophie s’y trouve posée avec une grande constance. « La » femme pose problème au philosophe du point de vue de son statut vis-à-vis de la rationalité. Ainsi, lorsque le sujet de la différence sexuelle est abordée, il s’agit la plupart du temps de développements dont l’objectif est d’essayer de justifier rationnellement l’exclusion des femmes hors du champ de la production des savoirs philosophiques. En France, il y a plus de quarante ans, la philosophe Michèle Le Dœuff a entrepris de reposer cette question, mais dans une perspective résolument féministe : qu’est-ce que cette exclusion persistante a fait, non seulement aux femmes, mais aussi à la philosophie ? Sa thèse est que les explications historiques et sociales, les préjugés du temps, n’épuisent pas les raisons de l’exclusion des femmes hors de la philosophie. Il y a des raisons propres à la philosophie telle qu’elle se déploie dans ses institutions et ses œuvres canoniques. Partant du double constat de l’actualité en même temps que de l’oubli dans lequel a été maintenue cette question depuis lors, nous chercherons à identifier ce qui (ne) s’est (pas) passé en France depuis quarante ans. Nous nous appuierons pour cela sur une comparaison avec la façon dont cette question a été traitée dans le monde anglo-saxon et au Québec. Nous cherchons à savoir si la philosophie peut être féministe et à quoi bon.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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