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« Rater mieux » : récit d’une recherche collaborative sur l’écriture réflexive

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Marion Sauvaire : Université Laval

Résumé de la communication

Essayer encore. Ratez encore. Ratez mieux. Beckett

De 2017 à 2020, nous avons mené une recherche collaborative au sens que la didacticienne du français B. Kervyn (2011) lui donne. Nous avons travaillé avec deux enseignantes, une en 5e secondaire et une au collégial, à intégrer l’écriture réflexive (Chabanne et Bucheton, 2002, Tauveron, 2007; Sauvaire, 2019) dans leurs pratiques d’enseignement de la littérature. À partir de ces pratiques « habituelles », qui relèvent autant d’une sédimentation disciplinaire que de leurs manières singulières d’enseigner la lecture d’œuvres littéraires, nous avons accompagné et documenté l’expérimentation d’une séquence didactique deux ans durant. Aujourd’hui, nous revenons sur l’évolution du dispositif de recherche, évolution que nous pensons inhérente à la démarche collaborative et donc importante à documenter. Les principaux résultats de cette recherche, mais aussi ses ratés, ses ratures, ses reprises, seront ainsi contextualisés et problématisés en cohérence avec l’ancrage épistémologique des méthodologies collaboratives, qui valorise le processus de la co-construction de savoirs, le caractère intersubjectif de l’interprétation des concepts et des situations didactiques et leur présentation sous une forme narrative et réflexive. In fine, la question de la légitimité dans le champ scientifique sera reformulée : la validité d’un résultat repose-t-elle sur sa prédictibilité ou sur la compréhension à postériori des aléas de son émergence?

Résumé du colloque

Longtemps normative, la didactique du français s’est transformée au cours des dernières années pour devenir davantage descriptive (Canelas-Trevisi, Moro, Schneuwly et Thévenaz, 2000; Bain et Canelas-Trevisi, 2007), ce qui a permis de montrer que les précédentes orientations didactiques n’avaient pas eu les retombées escomptées dans le milieu : les recommandations (propositions) tenaient peu compte des contraintes et des particularités de la classe, ce qui faisait en sorte qu’elles n’étaient généralement pas opérationnelles. Dans les faits, les recherches en didactique du français s’appuyaient initialement sur les connaissances issues de disciplines savantes (p. ex. : sciences du langage, littérature, psychologie cognitive, etc.) et menaient à des propositions de transposition didactique qui n’étaient pas toujours viables en classe. Cela a contribué à créer le fossé qui a longtemps existé entre la théorie et la pratique.

Pourtant, la recherche en éducation devrait être, dans une certaine mesure, intrinsèquement liée à l’enseignement, « car il s’agit là de deux stratégies de formation indispensables et complémentaires, l’une actualisant les apports de l’autre et lui apportant l’éclairage indispensable du terrain et des pratiques » (Lenoir, 1996, p. 206). Aussi n’est-il pas étonnant que les recherches de type collaboratif se soient multipliées ces dernières années, menant ainsi à une réelle transformation de la didactique du français. Toutefois, la collaboration nécessite souvent de revoir ses objectifs de départ (et ne permet pas toujours de les atteindre), ce qui fait qu’on remet parfois en question la scientificité des recherches de type collaboratif. Ce colloque permet donc aux chercheurs réunis d’apporter des éléments de réponse à la question suivante : comment rendre ces recherches plus légitimes aux yeux de la communauté scientifique?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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