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Souveraineté monétaire, propriété monétaire et enjeux distributifs

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Morgane Delorme : Université de Montréal

Résumé de la communication

Depuis la crise financière de 2008, des banques centrales interviennent sur les marchés financiers au moyen de programmes de rachats de titres ayant pour vocation de stimuler une activité économique en berne.

Ces programmes de rachats de titres, dont on écarte difficilement la dimension politique, sont réalisés sans concertation auprès des ressortissants de la zone monétaire concernée. Or si l’on s’en remet à l’idée que la monnaie serait l’une des véritables marques de la souveraineté, comme l’entendait Bodin, les ressortissants devraient pouvoir peser sur l’usage ciblé qu’il est fait de leur monnaie.

Même lorsque l’on adhère à l’idée que la création monétaire gagne à être placée aux mains d’une agence indépendante, rien n’empêche de concevoir les détenteurs en dernière instance de la monnaie comme des acteurs légitimes du processus de création monétaire, et en particulier lorsque celui-ci engendre des impacts distributifs non-négligeables. Il serait alors ajusté de céder aux ressortissants de la zone monétaire concernée un ensemble de droits sur cette monnaie.

Pour penser la propriété collective des ressortissants sur leur monnaie, il s’agira de penser la monnaie non pas comme un bien sur lequel s’opèrent les droits en fonction de la quantité du bien possédée, mais plutôt comme un bien public indivisible. Ce bien public, et son orientation politique, concernent alors l’ensemble des ressortissants de la zone monétaire, indépendamment de leurs capacités financières individuelles.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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