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Emmanuelle Trépanier : Université de Montréal
Contexte : De nombreuses études internationales soutiennent que les jeunes recevant les services de la protection de la jeunesse forment une population particulièrement vulnérable en regard de leur état de santé, notamment en termes de santé mentale. Au terme d’un placement, ces jeunes doivent également composer avec une transition vers les services de santé de la communauté et ceux pour adultes.
Modèle de la clinique Ados+ : La clinique Ados+ a été implantée sur le territoire du Sud-Ouest-Verdun à l’automne 2016, au sein du GMF-U de Verdun, afin d’offrir des services de santé adaptés aux jeunes en difficulté et d’en favoriser la continuité via une collaboration étroite avec les intervenants communautaires.
Objectifs : Les objectifs de la présentation consistent à 1) décrire le profil des patients référés à la clinique Ados+ 2) identifier les principaux référents à la clinique.
Méthodes et résultats : Une révision systématique des questionnaires de références (n=200) nous a permis d’identifier les principales raisons de référence et d’établir une liste de l’ensemble des référents. Un échantillon aléatoire de dossiers de patients a également été révisé afin d’identifier quels sont les principaux besoins de santé adressés, ainsi que les services offerts.
Si le passage à l’âge adulte constitue en soi un processus d’autonomisation, l’autonomie constitue plus que jamais un enjeu clé dans les parcours des jeunes. D’un côté, injonction issue des paradigmes managériaux traversant tout autant le système de production que les politiques publiques, l’autonomie devient une exigence omniprésente pour construire de manière socialement légitime son cheminement. De l’autre côté, le décalage entre les attentes des jeunes dans différentes sphères de vie (que ce soit le travail, la formation, le logement, la famille, l’engagement dans sa communauté) et les réelles possibilités de les combler encourage parfois les jeunes à défier les normes sociales dominantes et à défendre leur autonomie individuelle et culturelle à l’heure de construire leur parcours. Entre injonction à la production et revendication d’épanouissement, l’autonomie est au foyer de tensions qui se répercutent sur le mieux-être des jeunes et leur santé mentale : troubles de l’attention, épuisement, technostress, solitude, colère, démobilisation, sentiment de vulnérabilité au travail, détachement de la communauté, etc. Ces tensions, souvent vécues individuellement, voire dans l’isolement, soulèvent par ailleurs l’enjeu de la responsabilité collective, et de la qualité et de l’adéquation des réponses institutionnelles qui sont offertes : manque de ressources, racisme institutionnel et méconnaissance des réalités spécifiques de la part des intervenants. C’est dans ce contexte de tension que ce colloque souhaite réunir des contributions issues d’une variété de disciplines et d’approches analytiques pour éclairer la question de l’autonomie et mettre en évidence tant la diversité des conditions regroupées sous la catégorie « jeunes » que les inégalités sociales affectant le passage à l’âge adulte selon les régions, la situation socioéconomique, la situation familiale, l’identité de genre, l’appartenance culturelle et l’origine ethnique, entre autres.
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