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Pierre Hébert
Louis Dantin (1865-1945) a correspondu avec les principales jeunes auteures des années 1930, dont Éva Senécal, Jovette Bernier, Simone Routier, Alice Lemieux. Ces correspondances féminines ont déjà été étudiées avec brio (Bernier, 2018; Brosseau, 1998). Il est toutefois d’autres femmes qui, dans la vie de Dantin, ont joué un rôle majeur en leur qualité d’amoureuses ou d’amantes, et dont nous disposons aussi des correspondances : Charlotte Beaufaux, une jeune Belge que Dantin a fréquentée à l’époque où il était Père du Très-Saint-Sacrement (1894); Florence Crawford, sa ménagère et maîtresse entre 1916 et 1922; Fanny Johnston, son amante de 1922 à 1924 et Rose Carfagno, cette jeune fille de 13 ans avec qui il entretiendra des relations dès 1928 et qui l’accompagnera jusqu’à sa mort. Chacune d’elles est à l’origine de nombreux poèmes, voire d’un roman (Les Enfances de Fanny). Dans cette communication, je vais étudier la correspondance entre Florence Crawford et Gabriel Nadeau (le légataire et biographe de Dantin). Ces importants échanges, quelque 100 lettres et 350 feuillets, révèlent un autre Dantin composé de deux personnalités que Florence compare à docteur Jekyll et monsieur Hyde; et son œuvre, elle, prend ainsi une tout autre dimension, tant dans sa genèse que dans son interprétation.
La question des archives du livre a suscité, au cours des dernières années, plusieurs colloques et projets de recherche. Les chercheures et chercheurs qui s’y sont confrontés n’ont pu que constater la présence évanescente et feutrée des femmes et de leurs trajectoires au sein de ces masses de documents. C’est précisément cette question que ce colloque souhaite soulever de manière frontale : quelles sont les traces laissées par les femmes dans les archives du livre et de l’imprimé?
Longtemps écartées de tout poste à responsabilité, les femmes ont développé des stratégies alternatives, qui nous obligent à penser autrement la recherche sur leurs pratiques. La mise à la marge des femmes dans le monde de l’imprimé au Québec et l’obligation de renouveler nos approches de recherche seront les deux axes autour desquels s’organisera le colloque :
Axe 1. Questions institutionnelles
Le récit de l’histoire du livre et de l’imprimé au Québec, au moins jusqu’aux années 1970, est celui d’un monde d’hommes. Si notre connaissance de l’histoire des femmes écrivaines et journalistes s’affine de plus en plus, reste à éclairer celle de leur présence au sein des maisons d’édition, du monde de l’illustration, des imprimeries, des librairies, des associations. Les communications de cet axe permettront, à partir d’archives (au format papier ou audiovisuel), de mieux cerner la présence des femmes dans l’histoire de l’imprimé au Québec.
Axe 2. Questions de méthode
Où trouver les traces du travail des femmes dans le milieu du livre et de l’imprimé? Plus leur action est éloignée dans le temps, plus les chercheures et chercheurs doivent faire preuve d’inventivité pour débusquer même les faits biographiques les plus banals. Les communications de cet axe nourriront une réflexion inédite sur les spécificités des archives laissées par les femmes et sur la nécessité de développer de nouvelles méthodes pour appréhender ces objets.
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