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Rachel Deroy-Ringuette : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Bien que la recherche de développement, qui s’inscrit dans l’ensemble des recherches appliquées (Anderson et Shattuck, 2012; McKenney et Reeves, 2012; Van der Maren, 2003), n’implique pas forcément un volet collaboratif, Van der Maren (2003) souligne que la collaboration a avantage à être envisagée dans les recherches de ce type, particulièrement en didactique. Ainsi, la collaboration avec des membres du milieu professionnel peuvent se retrouver à l’une ou plusieurs des quatre phases de la recherche de développement, soit 1) L’analyse et l’exploration, 2) Le développement et la construction, 3) L’évaluation et la réflexion, 4) L’implantation et la diffusion (McKenney et Reeves, 2012). Pour notre part, dans le but de développer une grille d’analyse didactique des albums de littérature jeunesse, nous avons impliqué des chargées de cours en didactique du français (n=5) et des enseignantes du primaire expertes dans l’utilisation didactique de la littérature jeunesse (n=7). La collaboration de ces participants est primordiale aux phases 1 et 3 de notre recherche. Lors de cette communication, notre intention est donc d’exposer comment cette collaboration a pu alimenter notre recherche de développement et comment elle a contribué à la prise en compte des besoins réels du milieu.
Longtemps normative, la didactique du français s’est transformée au cours des dernières années pour devenir davantage descriptive (Canelas-Trevisi, Moro, Schneuwly et Thévenaz, 2000; Bain et Canelas-Trevisi, 2007), ce qui a permis de montrer que les précédentes orientations didactiques n’avaient pas eu les retombées escomptées dans le milieu : les recommandations (propositions) tenaient peu compte des contraintes et des particularités de la classe, ce qui faisait en sorte qu’elles n’étaient généralement pas opérationnelles. Dans les faits, les recherches en didactique du français s’appuyaient initialement sur les connaissances issues de disciplines savantes (p. ex. : sciences du langage, littérature, psychologie cognitive, etc.) et menaient à des propositions de transposition didactique qui n’étaient pas toujours viables en classe. Cela a contribué à créer le fossé qui a longtemps existé entre la théorie et la pratique.
Pourtant, la recherche en éducation devrait être, dans une certaine mesure, intrinsèquement liée à l’enseignement, « car il s’agit là de deux stratégies de formation indispensables et complémentaires, l’une actualisant les apports de l’autre et lui apportant l’éclairage indispensable du terrain et des pratiques » (Lenoir, 1996, p. 206). Aussi n’est-il pas étonnant que les recherches de type collaboratif se soient multipliées ces dernières années, menant ainsi à une réelle transformation de la didactique du français. Toutefois, la collaboration nécessite souvent de revoir ses objectifs de départ (et ne permet pas toujours de les atteindre), ce qui fait qu’on remet parfois en question la scientificité des recherches de type collaboratif. Ce colloque permet donc aux chercheurs réunis d’apporter des éléments de réponse à la question suivante : comment rendre ces recherches plus légitimes aux yeux de la communauté scientifique?
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