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Timo Obergoeker : University of Chester
Mon intervention partira d’une réflexion menée par Jean Bouthillette dans Le Canadien français et son double lorsqu’il affirme que : « Le Canadien français est un homme qui a deux ombres ». A partir de ce constat (si tant est qu’il soit correct), nous nous interrogerons sur les ombres qui hantent le Québec (et dans un contexte plus ample le Canada francophone) et l’Allemagne ainsi que sur les intersections où les ombres se sont croisées dans le passé, se croisent au présent et risquent de se croiser à l’avenir. Impossible ici de ne pas parler de La fiancée américaine d’Éric Dupont qui scrute de près les névroses collectives qui nous réunissent (et parfois nous séparent). Impossible également de ne pas parler de Catherine Mavrikakis qui, dans son roman Ça va aller, perce les non-dits de l’Allemagne et valse avec ses ombres.
Dans un deuxième temps, on va explorer les médiateurs culturels qui ont permis d’établir, en dépit et vraisemblablement en raison de ces ombres, un dialogue interculturel fructueux, beau mais ô combien fragile.
Pour souligner le 30e anniversaire de la réunification de l’Allemagne, ce colloque propose d’explorer les traces de l’Allemagne dans l’imaginaire canadien par une approche pluridisciplinaire s’intéressant à la fois aux origines de la présence allemande sur le territoire canadien, aux traces laissées par cette présence dans le temps, aux rapports entre le Canada et l’Allemagne et à l’influence qu’ont pu avoir certains grands changements sociopolitiques sur l’imaginaire canadien. Que ce soit par les nombreuses migrations allemandes en sol canadien, par les grands événements historiques survenus sur le territoire allemand, mais ayant eu des échos au Canada, par les échanges politiques ou simplement par l’influence d’écrivains allemands sur la littérature canadienne, le présent colloque vise à réfléchir sur les différentes traces allemandes ayant influencé la manière de se dire au Canada, principalement dans les espaces franco-canadiens.
Sur le plan littéraire, l’Allemagne apparaît souvent soit par la représentation de l’origine (comme dans les romans autobiographiques de Marguerite Andersen), soit par l’impact d’événements historiques (notamment avec la représentation de la chute du mur de Berlin chez des auteurs comme Éric Dupont ou Simon Lambert), soit par le traumatisme de la Deuxième Guerre mondiale (qu’a mis en scène le théâtre d’Emma Haché). Historiquement, on note que de nombreux Allemands ont migré au Canada au point d’y inscrire des traces visibles dans la géographie (West Berlin et East Berlin, en Nouvelle-Écosse) ou dans la culture locale (l’Oktoberfest de Kitchener, en Ontario, anciennement nommée Berlin). Sur le plan social et politique, les deux guerres mondiales, la présence militaire canadienne en Allemagne et l’image de l’effondrement du mur de Berlin ont certainement influencé la perception et l’évolution de l’autre allemand, et du même coup la perception et les mutations du soi canadien. Il ne s’agit que d’exemples proposés pour ce colloque.
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