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Approche spatiale de la socialisation adolescente contemporaine

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Elisabeth Schneider : Université de Caen Normandie

Résumé de la communication

Dans une certaine filiation avec la sociologie interactionniste, nous considérons le monde social dans une production continue fondée sur les interactions entre individus mais aussi en interaction avec ce qui les environne par des processus de médiation divers (Couldry et Hepp, 2017). Ainsi s’individuer et se socialiser et développer son rapport à la culture sont des processus sociaux qui s’inscrivent dans des dispositifs techno-socio-sémiotiques.

L’adolescent.e trouve sa place de façon évolutive dans des configurations complexes, construit son identité dans des apprentissages qui s’inscrivent dans une matrice de transactions sociales de manière intriquée intimement : expériences, trajectoires de vie, apprentissages volontaires ou non, cadres affectifs, et groupes sociaux qui forgent l’expérience à travers le monde de nos vies, ce qu’Erstad et Sefton-Green nomment vies apprenantes (2013). Ces dernières sont caractéristiques de l’époque contemporaine fondée sur les évolutions radicales de notre rapport à l’espace et au temps, en particulier à cause du numérique.

Nous nous appuierons sur deux enquêtes ethnographiques pour, d’une part, mettre en évidence que les cadres de la socialisation sont aujourd’hui multiscalaires et, d’autre part, questionner le processus de socialisation à partir de la dimension spatiale, heuristique pour saisir la complexité des phénomènes contemporains.

Résumé du colloque

Dans l’analyse des parcours d’apprentissage tout au long et au large de la vie, la question de la socialisation se pose de façon nouvelle, évoquant l’idée que la socialisation se déroule dans plusieurs sphères de vie à la fois, comme la famille, les services de garde, l’école, le travail, le sport et autres. On s’intéresse alors à une « socialisation continue » (Darmon, 2016) où s’entrelacent des influences de plusieurs instances socialisatrices dans des environnements divers. La socialisation emprunte ainsi à des logiques d’action souvent contrastées, ce qui est caractéristique de l’individu pluriel (Lahire, 1998). Ainsi, dans un monde en profonde transformation où les grandes institutions, notamment l’école, perdent une partie de leur influence de socialisation, il est nécessaire de poser un regard neuf sur le processus de socialisation, tout particulièrement lorsqu’on s’intéresse aux populations en situation de vulnérabilité sociale et aux environnements qu’elles fréquentent, notamment ceux numériques. Les communications de ce colloque s’intéressent à la socialisation à différents âges de la vie : l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte ainsi qu’à la méthodologie de travail pour documenter la socialisation, celle‑ci posant des défis aux équipes de recherche qui travaillent souvent avec des méthodes de plusieurs disciplines (géographie, philosophie, psychologie, sociologie, sciences de l’éducation, sciences de l’information, sciences politiques). Nous inspirant de la proposition du sociologue Bernard Lahire (2013, 2015), nous discutons de la faisabilité et de la pertinence de documenter dans nos enquêtes les cadres (ex. : instances ou institutions), les modalités (ex. : les techniques, les manières de faire), les temps (ex. : les rythmes, les durées, les moments) et les effets (ex. : les dispositions qui résultent du processus).

Le but du colloque est de favoriser le dialogue et le croisement de perspectives sur la question de la socialisation dans les parcours d’apprentissage à tous les âges de la vie et dans différents environnements. Nous poursuivons deux objectifs spécifiques :

  1. Mettre en commun les marqueurs de socialisation ayant une incidence particulière chez les personnes en situation de vulnérabilité sociale;
  2. Discuter de la pertinence et de la faisabilité de documenter systématiquement les cadres, les modalités, les temps et les effets dans les études incluant les apprentissages par socialisation.

Ce travail permet d’éclairer des apprentissages réalisés, de façon tacite ou non, dans l’exercice d’une pratique, qu’elle soit structurée (ex. : sportive ou religieuse), plus ancrée dans une culture de débrouillardise (ex. : fabrication des repas avec peu) ou ceux de la sphère numérique (ex. : raccourcissement des durées de réponse), et leur influence dans la poursuite du parcours d’apprentissage et au moment de transitions diverses.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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