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Archéologie collaborative avec la communauté de Kahnawà:ke et la Nation Mohawk

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Adrian Burke : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans cette conférence je présente un bilan de diverses collaborations en archéologie que j’ai eu avec la communauté de Kahnawà:ke de mon point de vue d'archéologue et d'universitaire. L’origine de ma collaboration avec les Kanien:keha'ka (Mohawks) remonte à 2005 quand j’ai participé à une fouille archéologique avec des jeunes sur le territoire de Kahnawà:ke.

En 2014, lors de l’installation d’une nouvelle école de fouilles de l’UdM sur l’île Saint-Bernard (Châteauguay), j’ai contacté le Mohawk Council of Kahnawà:ke (MCK) pour collaborer aux fouilles qui allait se faire sur leur territoire traditionnel. L’idée principale était de former des jeunes Mohawks de la communauté en archéologie. Après quatre ans de fouilles, nous avions formé sept archéologues. En octobre et novembre de 2017, nous avons dirigé un projet d’archéologie préventive sur le territoire de Kahnawà:ke pour un projet de centre culturel. L’équipe sur le terrain consistait de cinq Mohawks et de cinq étudiants Euroquébécois de l’UdeM.

Présentement je collabore avec le MCK pour créer une école de fouilles sur le territoire de Kahnawà:ke qui sera dirigée par une archéologue Mohawk. Ma présentation abordera les enjeux, défis et résultats concrets de ces différentes collaborations de recherche en archéologie avec la Nation Mohawk. La formation a été un aspect central de notre démarche, mais nous avons aussi entamé un processus de réconciliation entre les archéologues du Québec et la Nation Mohawk qui doit se poursuivre.

Résumé du colloque

La recherche universitaire au Canada assiste à de plus en plus d’initiatives de réconciliation avec les peuples autochtones et à des tentatives d’autochtonisation d’institutions et de pratiques. Ces mouvements, inspirés par la critique décoloniale, visent à ce que les recherches servent en premier lieu aux communautés concernées (Smith, 2013). L’approche par recherche-action participative et les recherches partenariales ou collaboratives se présentent comme des méthodes valorisées pour mobiliser les communautés dans ce processus (Éthier, 2010). Ce surcroît d’intérêt des chercheurs et des étudiants pour les études autochtones est aussi lié à des possibilités de financement.

Cette situation contribue à une réappropriation de la recherche et de la parole par les communautés. Plusieurs ont démontré que cette démarche valide les études et contribue à bonifier les résultats qui en découlent (Asselin et Basile, 2012). De plus, les innovations sociales provenant du monde autochtone profitent à la société et aux recherches en général, en valorisant des perspectives et des épistémologies marginalisées (Smith, 2013).

Toutefois, cette popularisation des études autochtones n’est pas à l’abri des effets de mode. L’approche communautaire en recherche comporte aussi des limites et pose plusieurs défis et dilemmes. En outre, des concepts tels que la réconciliation et l’autochtonisation sont lourds de sens et doivent être employés avec parcimonie. De plus, ces approches ne garantissent pas qu’il ne puisse s’opérer une hiérarchisation des savoirs et des rôles dans les équipes et dans la répartition du financement. Il convient donc de réfléchir à ces nouvelles pratiques et aux manières de mener des études en milieux autochtones dans ce nouveau contexte en émergence.

Nous invitons des acteurs des milieux autochtones et leurs partenaires à venir échanger leurs expériences et leurs points de vue. Nous interrogerons des manières d’éviter des dérives et diverses formes d’instrumentalisation. Nous aborderons les défis (politiques, éthiques, méthodologiques et épistémologiques) liés à la mobilisation des savoirs, les conditions gagnantes pour que les gens des milieux autochtones s’approprient les recherches et des stratégies pour arrimer les innovations sociales communautaires à celles du milieu académique.

De par sa formule interdisciplinaire et internationale, le colloque encouragera un réseautage et un échange de bonnes pratiques. Il contribuera à sensibiliser les conférenciers et l’auditoire à plusieurs défis et écueils qui guettent les études adoptant des méthodologies communautaires.

L’événement est organisé par le Bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki. La présence de l’organisation de la Nation W8banaki soulignera du fait même que la 88e édition du congrès de l’Acfas se tient sur son territoire ancestral. Le colloque regroupera des instituts culturels ou des instituts de recherche de plusieurs nations autochtones et des chercheurs de plusieurs universités.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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