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Caractéristiques d’autorégulation épistémique pour les systèmes sociaux : application du cadre conceptuel au cas de la Banque du Canada

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Jérémie Dion : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les systèmes socioépistémiques (SSE) sont des arrangements d’institutions, de pratiques sociales, de procédures et d’infrastructures qui influencent les patrons d’interaction entre des individus, menant ceux-ci à former des attitudes propositionnelles de croyances (Goldman, 2010). La notion de SSE est utile à la représentation et l’étude d’organisations expertes situées au cœur des politiques publiques contemporaines, par exemple les banques centrales, les think tanks, les centres de recherche nationaux et les agences de financement. L’article se veut une contribution à la philosophie de l’expertise (voir par exemple Goldman 2001; Matheson 2005; Martini 2014; Collin et Weinel 2011) en proposant une méthode permettant au profane d’ajuster rationnellement le niveau de confiance à accorder à un SSE. Le cadre conceptuel permet d’analyser ce que nous appelons le degré « d’autorégulation épistémique » d’un SSE – c’est-à-dire sa capacité à réguler ses propres pratiques épistémiques afin d’atteindre la vérité et éviter l’erreur. Une application du cadre au cas de la Banque du Canada (BdC) sera présentée. En intégrant des recommandations issues de l’histoire et philosophie des sciences (Chang 2012; Kitcher 2001;2011), de la sociologie (Callon 1984) et du champ STS (Gingras 2014; Larrivière et Sugimoto 2018), nous isolons deux caractéristiques bénéfiques qui devraient être identifiées au sein d’un SSE, qui n’ont que partiellement été observées dans le cas de la BdC.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 88e congrès de l’Acfas, intitulé Du jamais su, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir aux invisibles et aux inaudibles de la philosophie. Bien que la philosophie se veuille une recherche de vérité, une quête de sagesse, on peut se questionner sur ses angles morts. Qu’est-ce qui est mis de côté dans cette quête, et pourquoi? Nous pouvons penser à la philosophie grecque qui s’échafaude sur un rejet de la mythologie afin de fonder un discours rationnel. À la philosophie médiévale, dans la lignée de l’héritage de la tradition chrétienne, qui a, de son côté, contribué à un rejet du corps et du monde ici-bas. À Kant, dans son geste de déconstruction de la métaphysique, qui a séparé ce qu’il était possible de penser de ce qu’il était possible de connaître. Ou plus près de nous, au tournant linguistique qui est venu remettre en question le langage même de la métaphysique en traquant les énoncés mal formés et sans signification réelle.

Chaque époque, chaque courant philosophique semble mettre de côté certains aspects ou certaines expériences afin de délimiter son objet de connaissance et les possibilités de connaître, reléguant ces éléments à l’invisibilité ou à l’inaudibilité. Certains de ces aspects semblent ensuite être « redécouverts » par les courants subséquents, ouvrant ainsi des débats dans l’histoire de la philosophie. S’intéresser aux invisibles et aux inaudibles pourrait se révéler une manière de penser à nouveaux frais l’histoire des débats philosophiques et la formation du canon en philosophie; une manière de réfléchir à ceux et celles qui font l’histoire et du même coup, à ceux et celles qui sont tombé.e.s dans l’oubli, aux voix marginalisées. Qu’est-ce qui se cache dans les marges de la philosophie? Y a-t-il du jamais su?

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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