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Benoit Urgelli : Université Lumière-Lyon-II
Depuis 2017, en Master Expertise et Recherche en éducation, nous proposons un module de formation à la cartographie de controverses éducatives. L’enjeu est de développer la réflexivité critique des apprentis-chercheurs en les invitant à enquêter sur une question controversée et médiatisée. En se référant aux apports théoriques de la didactique des questions vives, de la sociologie des épreuves et de la médiatisation des controverses, nous leur proposons de choisir librement une controverse éducative et d’analyser la diversité des discours médiatiques à son sujet. Ils produisent ensuite un cosmogramme illustrant la complexité des jeux d’acteurs et d’arguments, tout en étant attentif aux arènes d’énonciations. A l’issue de cette production, les étudiants sont invités à exprimer à l’écrit un positionnement critique et réflexif à propos de la controverse étudiée. Nous leur demandons également, sur la base du volontariat, de produire un écrit évaluant les apprentissages suscités par cette formation. Dans cet article, nous analysons les formes de réflexivité dans les productions et dans les déclarations des étudiants, à l’issue de l’expérience d'enquête. Nous discutons ici l’hypothèse selon laquelle la cartographie d’une controverse, par la mise en évidence de la complexité des jeux d'acteurs et d’arguments médiatisés, serait un exercice favorisant l’expression d’un jugement critique et réflexif sur l’éducation.
Depuis les années 1990, une partie de la recherche internationale en éducation s’interroge sur ce que suppose, dans les pratiques d’éducation formelle et non formelle, la prise en charge de controverses socioscientifiques, en considérant notamment les questions de santé, d’environnement, de biodiversité et de développement durable.
Les questionnements ont porté en particulier sur : a) les défis à relever pour que l’enseignement des controverses trouve une place dans un enseignement traditionnellement tourné vers les savoirs stabilisés, notamment en classe de sciences; b) la diversité de significations associées au concept de controverse; c) la diversité et la complexité des savoirs en jeu (savoirs savants, savoirs éthiques, savoirs expérientiels, vernaculaires, etc.); d) des liens entre la problématisation induite par les controverses socioscientifiques, d’une part, et l’apprentissage de savoirs induits par l’argumentation, d’autre part; et e) l’importance d’autres éléments sociocognitifs (croyances, émotions, valeurs, champs d’intérêt, enjeux identitaires) qui contribuent à la construction des opinions et à l’exercice réel d’une citoyenneté scientifique.
Ces questionnements nécessitent aujourd’hui un partage des concepts et des résultats, mais également des méthodes éducatives, s’appuyant le plus possible sur des retours d’expériences à la fois pédagogiques, didactiques, sociologiques et communicationnelles.
Dix ans après l’ouvrage Enseigner les controverses de Virginie Albe (2009) et alors que Jean Simonneaux (2019) vient de coordonner un ouvrage sur la démarche d’enquête comme contribution à la didactique des questions socialement vives, ce colloque francophone international se propose de regrouper une partie des chercheurs et des éducateurs qui travaillent sur les enjeux, les défis et les méthodes liés au traitement de controverses socioscientifiques, quels que soient les contextes (éducation formelle ou non formelle) et l’âge des publics (enfants, adolescents, adultes).
Titre du colloque :