Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Maryse Soulieres : Université de Montréal
De nombreuses études ont démontré les risques d’exclusion sociale auxquels sont exposées les personnes atteintes de troubles neurocognitifs majeurs (Alzheimer), dès l’annonce du diagnostic et tout au long de la progression de la maladie. Cette présentation s’appuie sur une étude doctorale menée au sein de deux Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Montréal, auprès de résidentes ayant atteint le dernier stade de la maladie et ne pouvant plus s’exprimer verbalement (n=8), de leurs proches (n=7) et du personnel (n=13). La présentation permettra d’explorer comment, malgré la bienveillance des proches et du personnel, le quotidien de ces citoyennes âgées est profondément marqué par l’exclusion sociale, allant dans certains cas jusqu’à les dépouiller de leur humanité propre. Les données présentées permettront d’explorer les barrières structurelles, sur les plans organisationnel et social, qui entravent le développement et le maintien de pratiques inclusives auprès de ces résidentes.
Les expériences des vieillissements sont diversifiées, les personnes qui les vivent possèdent des caractéristiques et des parcours de vie variés (Grenier et Ferrer, 2010). Certaines personnes aînées peuvent faire face à une stigmatisation spécifiquement liée à leur condition ou à leur position sociale, d’autres se trouvent au croisement de caractéristiques identitaires et sociales pouvant mener à une stigmatisation et à une discrimination intersectionnelles. Alors que certains résistent à ces situations de marginalisation, il demeure que les expériences de stigmatisation peuvent accentuer les situations d’exclusion. Dans ce contexte, l’inclusion sociale est définie comme « un processus complexe de cocréation d’un projet social qui reconnaît les possibilités et la diversité des participations de tous et de chacun, en tant que membres socialement valorisés. Ce projet social ne peut s’opérer sans reconnaissance et redistribution des ressources matérielles, mais aussi des droits, des pouvoirs et des possibilités » (Séguin et collègues, 2015, p. 5). Cela appelle donc à considérer le processus d’inclusion et les facteurs l’influençant, notamment en lien avec la diversité des vieillissements, les croisements des identités marginalisées, et les interactions avec les environnements dans des processus itératifs. Si des interventions individuelles sont utiles auprès des aînés à risque d’exclusion, elles ne sont pas suffisantes. Car il ne suffit pas d’agir sur les facteurs personnels, encore faut-il intervenir auprès des environnements sociaux, institutionnels et communautaires.
Ce colloque, qui mettra en lumière des perspectives de divers horizons (travail social, sexologie, ergothérapie sociale, communication, sciences du loisir, anthropologie, etc.) sera l’occasion de discuter des pratiques inclusives actuelles ou recommandées et apportera un éclairage sur les pistes à approfondir pour la recherche en gérontologie sociale. Le colloque permettra la mise en commun des réflexions, des recommandations, des propositions et des expériences des pratiques inclusives auprès de différents groupes d’aînés (vivant avec des atteintes cognitives, en situation de handicap, issus de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres, ayant des problèmes de santé mentale, vivant avec le VIH, etc.). Il représentera une occasion de faire le point sur diverses démarches de recherche réalisées en lien avec l’inclusion de groupes d’aînés marginalisés et/ou à risque d’exclusion.
Titre du colloque :
Thème du colloque :