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Ce que la « résidence » de cirque fait à la création musicale : le cas du collectif français Circa Tsuïca

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Marc-Antoine Boutin : Université de Montréal

Résumé de la communication

En France, les arts du cirque disposent d’un « réseau labellisé » structuré en « pôles nationaux de cirque » et la résidence est « l’une des principales modalités de mise en œuvre de la première mission confiée à ces structures labellisées : le soutien à la création et à la production artistique » (Chevrefils-Desbiolles, 2019). Si la notion de résidence est mouvante et difficile à circonscrire, elle peut néanmoins « être appréhendée à différents niveaux, notamment en fonction de la spécificité des lieux, des espaces sociaux à la fois physiques et symboliques » (Bisenius-Penin, 2018). De l’implantation sur le territoire à la « sortie de résidence », sous chapiteau et dans l’espace de vie en caravane, comment la « résidence de création » et l’organisation « circassienne » des temps et des espaces de travail influencent-ils la création musicale? Les résultats préliminaires s’appuient sur une enquête ethnographique de la création du spectacle (V)îvre du collectif de cirque Circa Tsuïca menée en 2019-2020 dans le cadre d’une recherche doctorale portant sur les processus de création musicale au cirque contemporain. Il s’agit de montrer comment le dispositif de la « résidence » de cirque, caractérisé par l’immersion des participant·e·s dans l’activité de création du spectacle, présente des conditions favorables aux situations collectives de création musicale mais pose également des défis aux temps de travail plus solitaires et nécessaires à la composition musicale.

Résumé du colloque

Depuis les années 1990, l’engouement pour les résidences d’artistes et d’écrivains s’accroît tant au Québec que dans le reste du monde occidental. Cet intérêt peut s’expliquer par la décentralisation de l’action culturelle, l’occupation culturelle du territoire (Dissez, 2004) ou encore par la diversification des modes de soutien à la création (Liot et Lamy, 2002). La résidence apparaît comme une étape clé dans la construction d’une carrière artistique et agit comme forme de reconnaissance, voire de consécration dans le champ de l’art (Bisenius-Penin, 2015).

La recherche sur les résidences artistiques fait état de la grande diversité des disciplines impliquées (danse, arts visuels, littérature, etc.) et des structures d’accueil (centres d’artistes, institutions muséales, milieux de vie, entreprises, etc.) (Goyer-Ouimette, 2010). Les formats existants sont également variés : courts et longs séjours, résidences de recherche, de production ou de diffusion, résidences en ligne ou dédiées à un territoire spécifique, etc. (Leclerc-Parker, 2016). Enfin, les modalités qui lient l’artiste à la structure d’accueil, au public et aux autres artistes invités contribuent aussi à dessiner ce portrait diversifié (Chaudoir, 2005). L’étude des dimensions culturelle, sociale ou politique aussi bien qu’esthétique des résidences artistiques, par la complexité des situations possibles, apparaît cruciale à la fois pour les artistes, les partenaires, et le monde de la recherche.

À travers des cas concrets, nous chercherons à comprendre en quoi consiste l’expérience de la résidence, et les effets qui en découlent. Que viennent chercher les différents acteurs impliqués? Comment s’évaluent la qualité des expériences et leur rayonnement dans les réseaux culturels et dans les communautés? Nous participerons ainsi au développement de connaissances croisées sur ces dispositifs et à une meilleure compréhension de leur sens dans le champ actuel de l’action culturelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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