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Audrey Groleau : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les scientifiques exercent des rôles variés, par exemple conseiller le gouvernement ou réaliser des entrevues médiatiques. Or, ils n’ont pas toujours été formés à l’exercice de ces rôles. Plus encore, il n’est pas rare que leurs différentes identités (parentale, de professionnel de la santé, etc.) s’entremêlent alors qu’ils participent aux débats et aux prises de décisions relatifs à la pandémie. Ces constatations nous ont menés à examiner les manières dont de futures et futurs scientifiques conçoivent leur propre participation dans la gestion de la pandémie de Covid-19, alors qu’ils jonglent eux-mêmes avec des identités diverses et que les rôles des scientifiques ont été rendus très visibles dans les derniers mois. Pour ce faire, nous avons rencontré douze futurs scientifiques en entrevue individuelle semi-dirigée. Nous nous sommes plus précisément intéressés aux groupes d’actrices et d’acteurs sociaux auxquels de futurs scientifiques s’associent, aux rôles qu’ils s’attribuent et aux manières dont ils concilient leurs diverses identités. Nous avons constaté que les participants s’associent à cinq groupes d’acteurs sociaux, s’attribuent cinq rôles principaux dans la gestion de la pandémie et concilient leurs identités de trois manières différentes. Dans cette communication, nous présenterons les grandes lignes de cette recherche et de ses résultats, puis formulerons quelques recommandations pour la formation des scientifiques.
Depuis les années 1990, une partie de la recherche internationale en éducation s’interroge sur ce que suppose, dans les pratiques d’éducation formelle et non formelle, la prise en charge de controverses socioscientifiques, en considérant notamment les questions de santé, d’environnement, de biodiversité et de développement durable.
Les questionnements ont porté en particulier sur : a) les défis à relever pour que l’enseignement des controverses trouve une place dans un enseignement traditionnellement tourné vers les savoirs stabilisés, notamment en classe de sciences; b) la diversité de significations associées au concept de controverse; c) la diversité et la complexité des savoirs en jeu (savoirs savants, savoirs éthiques, savoirs expérientiels, vernaculaires, etc.); d) des liens entre la problématisation induite par les controverses socioscientifiques, d’une part, et l’apprentissage de savoirs induits par l’argumentation, d’autre part; et e) l’importance d’autres éléments sociocognitifs (croyances, émotions, valeurs, champs d’intérêt, enjeux identitaires) qui contribuent à la construction des opinions et à l’exercice réel d’une citoyenneté scientifique.
Ces questionnements nécessitent aujourd’hui un partage des concepts et des résultats, mais également des méthodes éducatives, s’appuyant le plus possible sur des retours d’expériences à la fois pédagogiques, didactiques, sociologiques et communicationnelles.
Dix ans après l’ouvrage Enseigner les controverses de Virginie Albe (2009) et alors que Jean Simonneaux (2019) vient de coordonner un ouvrage sur la démarche d’enquête comme contribution à la didactique des questions socialement vives, ce colloque francophone international se propose de regrouper une partie des chercheurs et des éducateurs qui travaillent sur les enjeux, les défis et les méthodes liés au traitement de controverses socioscientifiques, quels que soient les contextes (éducation formelle ou non formelle) et l’âge des publics (enfants, adolescents, adultes).
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