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Conception d'un crible pour mesurer collectivement les impacts écologiques de l'activité

SS

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Samuel Szoniecky : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

Résumé de la communication

Pour explorer les problématiques de construction collective de la connaissance scientifique et contribuer ainsi au questionnement sur « les buts et contraintes pour les infrastructures de l’édition scientifique numérique aujourd’hui, pour un « encyclopédisme fragmenté », des points de vue, des réseaux-rhizomes, des morphogenèses » (Noyer, 2019, 163), nous proposons dans cette présentation une méthodologie et des outils génériques pour mener le projet de mesurer collectivement les impacts écologiques de l'activité. Comment mesurer les dimensions physiques, politiques et subjectives pour évaluer collectivement les impacts de nos activités dans quatre registres de l’écologie : scientifique, politique, environnementale et mentale ? Ces questions sont tout à la fois d’ordre technique, juridique et épistémologique. Comment garder les traces des activités et de leurs conséquences ? Peut-on modéliser les impacts écologiques d’une activité ? Ces interrogations touchent principalement les domaines de l’ergonomie, de l’éthique et du politique. La connaissance de ses propres activités et de leurs conséquences augmente-t-elle le discernement des choix justes ? Quelles évolutions la mise en commun d’une réflexivité individuelle entraine-t-elle ? Nous nous focaliserons en premier sur ce qu’un point de vue éthique permet de définir comme objectifs de métrologie citoyenne dans une écologie de l’activité. Puis, nous proposerons une méthode de modélisation de l’activité dans l’environnement.

Résumé du colloque

Les initiatives de métrologie dite « citoyenne » se sont multipliées dans le monde en s’appuyant de manière extensive sur des dispositifs numériques et sur des dynamiques polycentriques cohabitant, plus ou moins consensuellement, avec les approches soutenues par l’acteur politique et public, les institutions scientifiques ou les organismes de santé. Désignées comme des pratiques de « popular epidemiology », de « citizen science », de « street science » ou encore d’« enviro-tracking », ces mesures citoyennes concernent de nombreux thèmes : qualité de l’air et de l’eau, pollens, biodiversité, nuisances sonores et olfactives, îlots de chaleur, radiations... Ces quantifications des milieux s’accompagnent d’une quantification intensive du soi (notamment dans le domaine de la santé). La datafication des milieux se prolonge ainsi jusqu’à un questionnement des rapports d’échelles (perceptions de soi, perception endogène de son habitat, de son territoire étendu, etc.). Tout cela s’inscrit dans un mouvement de tissage continu des données, des objets et des corps et se déploie sur fond de désir de données liées aux économies politiques discutées, controversées, incertaines (Carmes et Noyer, 2015; Saleh, 2018). D’un point de vue international, il s’agit d’examiner les différentes configurations de ces pratiques (leur renforcement) : politiques (cohabitation des initiatives « instituées – instituantes » avec une métrologie autonome, processus de concernement et d’implication des habitants); communicationnelles (modalités d’interaction et de coopération, dynamiques communautaires, médiations…); sociocognitives et socionumériques (littératie des données, production et interprétation des données, création de connaissances, rapports profanes-experts, open data, civic tech, crowdsensing); participatives et rôle des tiers lieux (« labo citoyen », fab labs...); configurations techniques et sémiotiques (IOT, capteurs, mobiles, interfaces, design des données).

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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