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Concevoir et fabriquer avec l’existant : une approche d’actualisation de lots d’objets en fin de vie par le design en vue de leur réintroduction dans un nouveau cycle d’usage.

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Maurice Cloutier : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Dans une perspective de réduction à la source des déchets et de recherche de modèles de production et d’acquisition de biens favorisant l’économie circulaire, notre présentation vise à partager une démarche de revalorisation de lots d’objets en fin de vie par le design initiée dans un contexte de recherche et d’expérimentation.

Prenant appui sur la transformation des matières, des formes, des usages et des signes, cette approche d’actualisation a été élaborée afin d’échafauder des stratégies pour le traitement de lots d’objets désuets visant à les réintroduire dans un nouveau cycle d’usage.

D’abord élaborée pour un lot de luminaires de bureau acquis dans les années 1970 et dirigé en bon nombre vers l’enfouissement, cette approche de design à valeur ajoutée a suscité de l’intérêt auprès de spécialistes en design et d’autres domaines préoccupés par l’opérationnalisation du développement durable lors de conférences présentées jusqu’ici. La démarche révèle un potentiel de reproductibilité offrant une viabilité environnementale, sociale, économique, alors que l’enthousiasme démontré par plusieurs en vue d’acquérir une nouvelle lampe confirme la réceptivité culturelle pour ce type de produits.

Un projet de même nature est en cours destiné à actualiser du mobilier scolaire introduit aussi dans les années 1970 qui, au terme d’un usage soutenu, est dans un état de désuétude avancée et remplacé par des produits neufs offrant peu d’amélioration comparativement aux produits éliminés.

Résumé du colloque

Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?

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Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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