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Concevoir un projet de recherche en collaboration : arrimer nos objectifs

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Aude Maltais-Landry : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Dans le cadre de ma recherche doctorale, je m’intéresse à la présentation des perspectives autochtones dans le cours d’Histoire du Québec et du Canada (HQC) de secondaire 3 et 4 (Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur, 2017). J’ai entamé à l’hiver 2019 une démarche collaborative avec le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki, principalement David Bernard (Bureau du Ndakina) et Valérie Laforce (Niona).

En tant que chercheuse non autochtone, ma posture de départ m’amène à vouloir agir sur le récit national transmis dans le cours d’HQC, et à « déstabiliser » les élèves non autochtones de la majorité d’origine canadienne-française (« unsettle », d’après Regan, 2010). De son côté, l’équipe de Niona aborde la question du point de vue des élèves w8banakiak, dans une optique de réappropriation culturelle et de sensibilisation aux réalités des Premières Nations, qui ne s’inscrit pas d’emblée dans le cours d’histoire.

Après plusieurs moutures, le projet actuel prend la forme d’une série d’entrevues qui permettront de dresser une « cartographie des possibles » pour la présentation des perspectives et expériences historiques des peuples autochtones dans les écoles fréquentées par les élèves w8banakiak. Mais une question demeure : nos postures de départ se sont-elles rejointes dans un projet commun qui est porteur pour tout le monde?

Résumé du colloque

La recherche universitaire au Canada assiste à de plus en plus d’initiatives de réconciliation avec les peuples autochtones et à des tentatives d’autochtonisation d’institutions et de pratiques. Ces mouvements, inspirés par la critique décoloniale, visent à ce que les recherches servent en premier lieu aux communautés concernées (Smith, 2013). L’approche par recherche-action participative et les recherches partenariales ou collaboratives se présentent comme des méthodes valorisées pour mobiliser les communautés dans ce processus (Éthier, 2010). Ce surcroît d’intérêt des chercheurs et des étudiants pour les études autochtones est aussi lié à des possibilités de financement.

Cette situation contribue à une réappropriation de la recherche et de la parole par les communautés. Plusieurs ont démontré que cette démarche valide les études et contribue à bonifier les résultats qui en découlent (Asselin et Basile, 2012). De plus, les innovations sociales provenant du monde autochtone profitent à la société et aux recherches en général, en valorisant des perspectives et des épistémologies marginalisées (Smith, 2013).

Toutefois, cette popularisation des études autochtones n’est pas à l’abri des effets de mode. L’approche communautaire en recherche comporte aussi des limites et pose plusieurs défis et dilemmes. En outre, des concepts tels que la réconciliation et l’autochtonisation sont lourds de sens et doivent être employés avec parcimonie. De plus, ces approches ne garantissent pas qu’il ne puisse s’opérer une hiérarchisation des savoirs et des rôles dans les équipes et dans la répartition du financement. Il convient donc de réfléchir à ces nouvelles pratiques et aux manières de mener des études en milieux autochtones dans ce nouveau contexte en émergence.

Nous invitons des acteurs des milieux autochtones et leurs partenaires à venir échanger leurs expériences et leurs points de vue. Nous interrogerons des manières d’éviter des dérives et diverses formes d’instrumentalisation. Nous aborderons les défis (politiques, éthiques, méthodologiques et épistémologiques) liés à la mobilisation des savoirs, les conditions gagnantes pour que les gens des milieux autochtones s’approprient les recherches et des stratégies pour arrimer les innovations sociales communautaires à celles du milieu académique.

De par sa formule interdisciplinaire et internationale, le colloque encouragera un réseautage et un échange de bonnes pratiques. Il contribuera à sensibiliser les conférenciers et l’auditoire à plusieurs défis et écueils qui guettent les études adoptant des méthodologies communautaires.

L’événement est organisé par le Bureau du Ndakina du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki. La présence de l’organisation de la Nation W8banaki soulignera du fait même que la 88e édition du congrès de l’Acfas se tient sur son territoire ancestral. Le colloque regroupera des instituts culturels ou des instituts de recherche de plusieurs nations autochtones et des chercheurs de plusieurs universités.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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