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Marlène Lebrun : Université de Montpellier
Dans le contexte de la crise sanitaire, notre équipe a mis en œuvre une recherche-action-formation au Maroc de tutorat-conte avec une population d’enfants de la rue âgés de 12 à 14 ans, accueillis dans une association caritative en dehors du temps scolaire. À l’école, où la culture est celle de la compétition, il est primordial de favoriser la culture du débat, notamment avec et sur les textes littéraires qui proposent des rencontres que le lecteur comme sujet n’aurait pas l’occasion de vivre dans son quotidien. Après une mise en perspective de la notion de controverse dans le cadre de l’intercompréhension, nous présentons le contexte socioculturel et linguistique de notre recherche pour examiner son ancrage dans le débat interprétatif du texte littéraire, notamment du conte, et présenter quelques résultats liminaires probants. En développant une posture critique grâce aux questions ouvertes et vives proposées dans le cadre du débat interprétatif, la population cible construit un nouveau rapport à la culture littéraire, aux langues et à l’apprentissage que nous illustrons à l’aide d’extraits de verbatims. Le partage des lectures offertes révèle la richesse des pratiques de la vive voix pour favoriser les conduites interprétatives qui promeuvent la fonction humaniste des textes littéraires. Apprendre à questionner est fondamental pour participer à la culture du débat et à ses possibilités de controverse liées à l’enjeu d’intercompréhension et d’interculturation.
Depuis les années 1990, une partie de la recherche internationale en éducation s’interroge sur ce que suppose, dans les pratiques d’éducation formelle et non formelle, la prise en charge de controverses socioscientifiques, en considérant notamment les questions de santé, d’environnement, de biodiversité et de développement durable.
Les questionnements ont porté en particulier sur : a) les défis à relever pour que l’enseignement des controverses trouve une place dans un enseignement traditionnellement tourné vers les savoirs stabilisés, notamment en classe de sciences; b) la diversité de significations associées au concept de controverse; c) la diversité et la complexité des savoirs en jeu (savoirs savants, savoirs éthiques, savoirs expérientiels, vernaculaires, etc.); d) des liens entre la problématisation induite par les controverses socioscientifiques, d’une part, et l’apprentissage de savoirs induits par l’argumentation, d’autre part; et e) l’importance d’autres éléments sociocognitifs (croyances, émotions, valeurs, champs d’intérêt, enjeux identitaires) qui contribuent à la construction des opinions et à l’exercice réel d’une citoyenneté scientifique.
Ces questionnements nécessitent aujourd’hui un partage des concepts et des résultats, mais également des méthodes éducatives, s’appuyant le plus possible sur des retours d’expériences à la fois pédagogiques, didactiques, sociologiques et communicationnelles.
Dix ans après l’ouvrage Enseigner les controverses de Virginie Albe (2009) et alors que Jean Simonneaux (2019) vient de coordonner un ouvrage sur la démarche d’enquête comme contribution à la didactique des questions socialement vives, ce colloque francophone international se propose de regrouper une partie des chercheurs et des éducateurs qui travaillent sur les enjeux, les défis et les méthodes liés au traitement de controverses socioscientifiques, quels que soient les contextes (éducation formelle ou non formelle) et l’âge des publics (enfants, adolescents, adultes).
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