Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
François Bolduc : Université Laval
Depuis le début des années 2000, l’administration publique québécoise a connu des changements s’appuyant sur des fondements idéologiques et politiques communs. Au-delà des particularités sectorielles, ces changements prennent racines dans un même courant, la nouvelle gestion publique, et partagent une même représentation du rôle des secteurs public et parapublic, de leur gestion et de leur rapport aux citoyens. L’objectif de cette communication est de tracer un portrait général de ce courant. Pour ce faire, nous débuterons par définir la nouvelle gestion publique pour ensuite porter une attention particulière à sa mise en œuvre au Québec.
La problématique du colloque s’insère dans le débat de l’exercice de la fonction professorale, dans le contexte de la montée de la nouvelle gestion publique (NGP) dans les universités.
La NGP est présentée comme la clé de l’amélioration des services publics. Pourtant, les pratiques de gestion qui en découlent soumettent les universités à des logiques de normalisation et de contrôle, basées sur des objectifs de réduction des coûts, d’efficacité (remise en question des modes d’organisation du travail) et d’efficience (par un réexamen des missions et des responsabilités des acteurs parties prenantes). Ainsi, on attend de la recherche universitaire qu’elle produise des retombées économiques et que les programmes d’enseignement s’arriment aux besoins du marché du travail. Dans le secteur universitaire, la quête d’économie, d’efficacité et d’efficience prend une signification et une portée particulièrement emblématiques en raison de ses impacts sur les tâches, les fonctions et les responsabilités des professeur.e.s, surtout lorsque la collégialité attachée organiquement à leur fonction est mise à mal. En d’autres mots, la NGP introduirait dans les universités des pratiques de gestion incompatibles avec sa mission fondamentale et sa gestion collégiale. Si les indicateurs de mesure du rendement et d’évaluation de la performance individuelle et institutionnelle offrent des mesures (nombre et valeur des subventions et des contributions, nombre de diplômés, coût par étudiant, durée du programme), ils ne témoignent pas pour autant de la qualité des programmes d’enseignement et de recherche.
La NGP ferait perdre aux professeur.e.s l’autonomie liée à leur fonction, l’autonomie se définissant par la discrétion et la maîtrise que peut exercer une personne dans l’exercice de son travail. Par ailleurs, les pratiques de la NGP entraîneraient de la détresse psychologique chez les professeur.e.s. Des pressions pour publier, une course aux demandes de subvention, une surcharge de travail, une bureaucratie subie et autres sont autant de facteurs qui menaceraient la santé et la qualité de vie au travail des professeur.e.s.
Le colloque sera divisé en trois séances et une table ronde. Les trois séances s’articuleront autour d’un sous-thème : les manifestations de la NGP dans les universités, l’autonomie dans l’exercice de la fonction professorale et la qualité de vie au travail. La table ronde réunira des panélistes qui discuteront des pistes d’action, tant individuelles que collectives, susceptibles d’être mises en œuvre pour soutenir l’autonomie des professeur.e.s et leur qualité de vie au travail.
Titre du colloque :
Thème du colloque :