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Déqualification du travail professionnel : les effets de la NGP sur l’autonomie professionnelle

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Stéphanie Demers : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Les professionnels sont des travailleurs disposant d’un ensemble de savoirs spécialisés dont ils contrôlent collectivement, culturellement, l’évolution et sans lesquels les institutions – universités, cégeps, écoles - ne sauraient remplir leur mission. Des forces endogènes et exogènes façonnent leur travail. Elles incluent des dimensions singulières, tels les buts, les répertoires de représentations et d’outils constitués par expérience, ainsi que des dimensions partagées et normatives qui composent une culture professionnelle (Zapata, 2009). Celle-ci dessine et dépend des paramètres de l’autonomie professionnelle, cette capabilité à définir les fins de son travail, identifier les moyens pour les atteindre et en évaluer les effets. Les pressions externes seraient incarnées dans les injonctions sociopolitiques et institutionnelles (Maguire, 2010), qui prennent une place accrue sous la Nouvelle gestion publique (NGP). Prônant l’ouverture du secteur public aux approches managériales de l’entreprise privée, la NGP transforme le citoyen en client-consommateur de services et biens publics, dans un marché orienté par la concurrence, la rationalisation des ressources, l’efficacité et la performativité comme gages de retour sur l’investissement. Cette communication abordera les mécanismes par lesquels la NGP assure conséquemment la surveillance et le contrôle du travail et alimente la déqualification, la réduction de l’autonomie et l’aliénation professionnelle.

Résumé du colloque

La problématique du colloque s’insère dans le débat de l’exercice de la fonction professorale, dans le contexte de la montée de la nouvelle gestion publique (NGP) dans les universités.

La NGP est présentée comme la clé de l’amélioration des services publics. Pourtant, les pratiques de gestion qui en découlent soumettent les universités à des logiques de normalisation et de contrôle, basées sur des objectifs de réduction des coûts, d’efficacité (remise en question des modes d’organisation du travail) et d’efficience (par un réexamen des missions et des responsabilités des acteurs parties prenantes). Ainsi, on attend de la recherche universitaire qu’elle produise des retombées économiques et que les programmes d’enseignement s’arriment aux besoins du marché du travail. Dans le secteur universitaire, la quête d’économie, d’efficacité et d’efficience prend une signification et une portée particulièrement emblématiques en raison de ses impacts sur les tâches, les fonctions et les responsabilités des professeur.e.s, surtout lorsque la collégialité attachée organiquement à leur fonction est mise à mal. En d’autres mots, la NGP introduirait dans les universités des pratiques de gestion incompatibles avec sa mission fondamentale et sa gestion collégiale. Si les indicateurs de mesure du rendement et d’évaluation de la performance individuelle et institutionnelle offrent des mesures (nombre et valeur des subventions et des contributions, nombre de diplômés, coût par étudiant, durée du programme), ils ne témoignent pas pour autant de la qualité des programmes d’enseignement et de recherche.

La NGP ferait perdre aux professeur.e.s l’autonomie liée à leur fonction, l’autonomie se définissant par la discrétion et la maîtrise que peut exercer une personne dans l’exercice de son travail. Par ailleurs, les pratiques de la NGP entraîneraient de la détresse psychologique chez les professeur.e.s. Des pressions pour publier, une course aux demandes de subvention, une surcharge de travail, une bureaucratie subie et autres sont autant de facteurs qui menaceraient la santé et la qualité de vie au travail des professeur.e.s.

Le colloque sera divisé en trois séances et une table ronde. Les trois séances s’articuleront autour d’un sous-thème : les manifestations de la NGP dans les universités, l’autonomie dans l’exercice de la fonction professorale et la qualité de vie au travail. La table ronde réunira des panélistes qui discuteront des pistes d’action, tant individuelles que collectives, susceptibles d’être mises en œuvre pour soutenir l’autonomie des professeur.e.s et leur qualité de vie au travail.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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