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Maryvonne Charmillot : Université de Genève
Notre communication porte sur la place et le statut des personnes sollicitées pour participer à des recherches dans les domaines de la santé, du travail social et de l’enseignement spécialisé. Quelles dimensions épistémologiques prendre en compte et quelles méthodologies mobiliser pour donner la parole sans la détourner, l’instrumentaliser, l’infantiliser, l’intégrer dans les catégories hégémoniques du champ biomédical et celui des sciences sociales ? Comment contribuer, par la recherche, à l’élaboration de pratiques participatives construites à partir des expériences vécues par les personnes concernées, en particulier au sein des groupes sociaux les plus stigmatisés et marginalisés ? Comment nouer un dialogue avec les gestionnaires et les praticiens et praticiennes responsables des services relatifs aux « métiers de la relation » pour rendre ces services inclusifs ? Nous présenterons des exemples de recherches dans lesquelles les alternatives méthodologiques cherchent à garantir le droit à la liberté d’expression et à la participation des personnes prises en charge, parfois contre leur volonté, par les services sociaux et les soins de santé. Nous tenterons également d’en tirer les principales conséquences en termes d’épistémologique et de politique de la recherche. Ces exemples sont le fruit d’un travail collectif entrepris dans le cadre d’un projet G3 de la francophonie rassemblant le CREMIS à Montréal, l’Université Libre de Bruxelles et l’Université de Genève.
« Une autre science est possible : science collaborative, science ouverte, science engagée, contre la marchandisation du savoir », proposait-on il y a 10 ans lors du colloque de fondation de l’Association science et bien commun. Depuis cet événement, nous nous sommes interrogés avec plus de 200 chercheuses et chercheurs des pays du sud et du nord, professionnels et citoyens, notamment sur les politiques scientifiques, la science comme outil de développement durable, la liberté universitaire, la responsabilité sociale des chercheurs et chercheuses, la science ouverte, le libre accès et la justice cognitive.
Aujourd’hui, comment s’articulent les différentes visions des sciences? Entre l’idéal de la science néolibérale vectrice d’un développement économique mondialisé, l’idéal de la science positiviste qui existe à côté de la société, motivée par la découverte d’une Vérité unique sans égard aux besoins et aux conséquences, l’idéal de la science engagée dans laquelle les savoirs deviennent actifs, vecteurs de progrès social — mais au profit de qui? —, et l’idéal de la science ouverte, qui reconnaît la diversité des savoirs et invite le dialogue — mais peut-être au détriment de son propre pouvoir et d’une certaine cohésion sociale?
Quelles formes prennent aujourd’hui les idéaux alternatifs de la science ouverte, engagée ou inclusive? À quelles activités scientifiques sont-ils associés? Existent-ils encore en marge, peu reconnus, peu soutenus? Devant la crise des changements climatiques et celle de la pandémie de la COVID-19, prennent-ils une nouvelle importance ou sont-ils dénaturés? Comment pourraient-ils être mieux soutenus par les politiques scientifiques des divers pays, par les actions des universités partout dans le monde, et par les chercheurs et chercheuses au nord comme au sud? Quels sont les nouveaux domaines prioritaires émergés ou émergents de la science ouverte, engagée ou inclusive; biodiversité, agroécologie, droits de la personne, énergies?
Thème du colloque :