Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Philippe Wellnitz : Université Paul-Valéry-Montpellier-III
Dans une trame chronologique à rebours qui joue entre Toronto, Haifa, New York et l’Allemagne nazie, ce roman de Nancy Huston évoque quatre générations, qui éclairent l’histoire de l’exil allemand au Canada à chaque fois dans la perspective d’un de ces protagonistes à l’âge de 6 ans. Si le premier personnage (l’arrière petit-fils d’une enfant volée à ses parents par les nazis) est un « Bon Canadien », cette narration nous donne autant un aperçu sur la diversité des origines au Canada que sur les difficultés à connaître sa véritable identité. Les reflets historiques volontairement naïfs sur l’Allemagne nazie et ses victimes montrent la complexité de ces identités multiples et la difficulté pour en reconstituer les traces.
Pour souligner le 30e anniversaire de la réunification de l’Allemagne, ce colloque propose d’explorer les traces de l’Allemagne dans l’imaginaire canadien par une approche pluridisciplinaire s’intéressant à la fois aux origines de la présence allemande sur le territoire canadien, aux traces laissées par cette présence dans le temps, aux rapports entre le Canada et l’Allemagne et à l’influence qu’ont pu avoir certains grands changements sociopolitiques sur l’imaginaire canadien. Que ce soit par les nombreuses migrations allemandes en sol canadien, par les grands événements historiques survenus sur le territoire allemand, mais ayant eu des échos au Canada, par les échanges politiques ou simplement par l’influence d’écrivains allemands sur la littérature canadienne, le présent colloque vise à réfléchir sur les différentes traces allemandes ayant influencé la manière de se dire au Canada, principalement dans les espaces franco-canadiens.
Sur le plan littéraire, l’Allemagne apparaît souvent soit par la représentation de l’origine (comme dans les romans autobiographiques de Marguerite Andersen), soit par l’impact d’événements historiques (notamment avec la représentation de la chute du mur de Berlin chez des auteurs comme Éric Dupont ou Simon Lambert), soit par le traumatisme de la Deuxième Guerre mondiale (qu’a mis en scène le théâtre d’Emma Haché). Historiquement, on note que de nombreux Allemands ont migré au Canada au point d’y inscrire des traces visibles dans la géographie (West Berlin et East Berlin, en Nouvelle-Écosse) ou dans la culture locale (l’Oktoberfest de Kitchener, en Ontario, anciennement nommée Berlin). Sur le plan social et politique, les deux guerres mondiales, la présence militaire canadienne en Allemagne et l’image de l’effondrement du mur de Berlin ont certainement influencé la perception et l’évolution de l’autre allemand, et du même coup la perception et les mutations du soi canadien. Il ne s’agit que d’exemples proposés pour ce colloque.
Titre du colloque :
Thème du colloque :