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Édouard Chauvin et les Poètes du Quartier latin de Montréal

JV

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Julien Vallières : Université McGill

Résumé de la communication

Au regard de l’institution littéraire, encline à faire de la publication au format livre le critère d’inclusion de l’œuvre dans l’histoire, maints aspects de la vie des lettres et avec eux des courants littéraires se trouvent marginalisés, et ceci pour avoir emprunté les voies de la presse périodique. Ainsi de la vie poétique au Quartier latin de Montréal dans la première décennie du XXe siècle.

Partageant le même espace urbain, rédactions du quartier et étudiants s’y côtoient, suscitant un nombre grandissant de vocations journalistiques. Au commencement des années 1910, cette pratique, qui s’intensifie, acquiert davantage d’autonomie, lorsque les étudiants montréalais se munissent de leur propre organe. Il s’intitule L’Étudiant (1911-1915) puis L’Escholier (1915-1917). L’activité éditoriale qu’ils y déploient donne lieu à l’expression d’une poétique originale.

Un recueil emblématique s’en fera le témoin, Figurines (1918) d’Édouard Chauvin. De celui qu’Ubald Paquin nommait le Chantre de L’Arche, du nom de l’atelier mansardé devenu cénacle littéraire, l’institution littéraire n’a guère conservé le souvenir cependant. Des Poètes du Quartier latin ses camarades, comme ils se sont appelés, encore moins. Nous brosserons un portrait de groupe des Poètes de Quartier latin. Puis nous reconstituerons l’œuvre poétique d’Édouard Chauvin, comme elle naît et se poursuit au-delà du livre, dans le journal. Nous nous interrogerons pour finir sur les raisons de cet oubli.

Résumé du colloque

L’évolution des savoirs de nature historiographique repose en bonne partie sur l’élection de nouveaux objets liés à un travail archivistique (voire archéologique) qui provoque l’émergence de nouvelles problématiques et la configuration de nouveaux récits. Les travaux sur la vie culturelle québécoise ne font pas exception. Ainsi, l’exhumation de pratiques scripturaires féminines invite à penser un peu autrement la littérature québécoise, en lui incorporant un corpus faisant place à l’intime; la découverte, dans les journaux du début du 20e siècle, de discours sur le cinéma ou le théâtre, invalide les topoï relatifs à une modernité qui ne serait advenue qu’à partir de la Révolution tranquille. A contrario, les historiens et les sociologues nous ont montré que cette révolution était profondément nourrie par des mouvements catholiques, pourtant jugés comme des adversaires de la modernité. Choisis parmi d’autres, ces deux exemples montrent le rôle cardinal de l’exhumation d’objets culturels « oubliés » dans la compréhension des enjeux sociétaux. Ce type d’étude touche toutes les disciplines, à la fois celles qui étudient la culture (histoire de l’art, danse, littérature, musique, cinéma, architecture, etc.) et celles qui relèvent des sciences humaines au sens large (philosophie, histoire, géographie, etc.). Le présent colloque vise à rassembler des chercheurs de diverses disciplines, intéressés, de manière ponctuelle ou systématique, à l’étude d’objets culturels « oubliés ». Au-delà de l’examen de divers cas d’exhumation, il s’agira d’étudier les conditions et les mécanismes de l’oubli dans leur variété (« verrous » critiques, fragilité des supports ou faiblesse de la conservation, définition péjorative des objets antérieurement à leur analyse, prééminence de stéréotypes, etc.), afin de les contrer. Nous faisons le pari que ces échanges permettront d’esquisser des pratiques propres à désenclaver les nouveaux savoirs en études québécoises.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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