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Emploi « de passage » ou emploi « appréciable » : Comment les enseignants novices réussissent-ils une entrée résistante dans le métier ?

GV

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Grégory Voz : Haute École Libre Mosane

Résumé de la communication

Nous avons recueilli 4 à 6 récits par an auprès de 22 diplômés souhaitant s’insérer dans le métier. Au départ de ces recueils, couvrant une à plusieurs années d’insertion, nous avons pu, avec la participation de ces volontaires à la validation des résultats, déterminer les variables importantes dans cette phase d’insertion. Nous avons décrit un indice marquant un état satisfaisant d’insertion, constaté avec un développement positif de 3 dimensions étudiées classiquement : la transformation identitaire, la socialisation et la professionnalisation. Nous avons réorienté cette dernière vers le sentiment de professionnalité (Uwamariya & Mukamurera, 2005). Nous y avons ajouté une quatrième, celle du bien-être, qui prend une nouvelle importance dans les recherches sur les enseignants (Goyette, 2014).

Nos analyses ont permis de découvrir les éléments du parcours menant à une insertion « résistante ». Nous la distinguons de « résiliente » (Leroux et Théorêt, 2014), puisque les parcours des participants de cette recherche ne sont pas tous caractérisés par une adaptation à l’adversité.

Les résultats proposés mettront en évidence l’importance des interactions avec le jeune enseignant en distinguant, d’une part, des parcours issus d’emploi « appréciables » au sein desquels il profite d’interactions favorables à sa construction et d’autre part, des parcours caractérisés par des emplois « de passage » au sein desquels la pauvreté des interactions est une variable influente vers l’abandon

Résumé du colloque

Bien que la recherche sur la formation, l’insertion et le développement professionnel des enseignants soit actuellement bien développée, elle a été dominée par une approche dite déficitaire. Ainsi, la recherche sur les futurs enseignants, les enseignants débutants et les enseignants en fin de carrière s’est souvent concentrée sur les défis et les difficultés que ces enseignants rencontrent plutôt que sur les compétences dont ils disposent et qu’ils peuvent offrir à l’école.

Bien que bien intentionnée et pertinente, cette approche déficitaire positionne les enseignants comme des membres passifs, dépendants et peu compétents. Récemment, inspirés par la théorie du capital social, plusieurs auteurs soulignent la pertinence d’investir dans les collaborations bidirectionnelles et d’investir dans la mise en œuvre d’une culture professionnelle intégrée dans les écoles. Grâce aux interactions et aux réseaux professionnels, les enseignants peuvent apprendre les uns des autres, transférer l’information et avoir accès au savoir et au soutien social (Coburn, Russell, Kaufman et Stein, 2012). Dans une culture d’école professionnelle intégrée, un échange permanent avec chaque membre du personnel enseignant est encouragé. De nombreuses études ont démontré les avantages de cette culture intégrée pour la perception d’autoefficacité des enseignants (Devos et coll., 2012), la motivation intrinsèque (Minarik, Thornton et Perreault, 2003) et la rétention des enseignants en début et en fin de carrière.

Dans ce colloque, nous explorons le processus de préparation, d’intégration et de développement professionnel des enseignants aux différents stades de leur carrière en les considérant comme des ressources et des coconstructeurs de leur école, dans une perspective non réductrice. Ce symposium invite des propositions théoriques et empiriques qui étudient comment les compétences des enseignants nourrissent leur développement professionnel et sont mobilisées au sein de l’établissement scolaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 6 mai 2021

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