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Laurence Carney : Université Laval
Le Do-It-Yourself (DIY), qui se définit par la réalisation de produits par et pour soi-même, connaît depuis quelques années un regain d’intérêt. En effet, de plus en plus de consommateurs optent pour le DIY comme un mode de production et de consommation responsables (PCR) permettant une utilisation efficace des ressources, de l’énergie et une réduction des déchets. Inscrire la pratique du DIY dans une approche de PCR ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique du fait de l’utilisation de matériaux neufs et de technologies énergivores. Dans ce contexte, le projet de recherche a pour objectifs : 1) comprendre les motivations des praticiens ; 2) documenter leur processus de conception et de fabrication en vue d’identifier des opportunités permettant d’inscrire cette pratique dans une approche de PCR. À cette fin, 37 entrevues semi-dirigées ont été réalisées auprès de praticiens issus de réseaux de DIY et d’organismes environnementaux. Les résultats ont permis de mettre à jour les motivations des praticiens à faire du DIY et de schématiser un premier modèle conceptuel illustrant 9 étapes du processus de conception et de fabrication. À partir de ces résultats, 3 personas ont été élaborés afin d’illustrer le profil actuel des praticiens et leur tangente responsable. Enfin, une première définition du DIY responsable est offerte afin d’éclairer la communauté scientifique sur le débat entourant la pratique du DIY et de guider les praticiens vers une approche de PCR.
Apparue aux États-Unis dans les années 1980, l’éthique du care est une manière de penser la morale fondée sur le souci des autres (sollicitude) et l’acte de « prendre soin » (Brugère, 2011). Fondée sur un sentiment de responsabilité à l’égard d’autrui et de ses besoins, elle concerne les tâches de soin impliquées dans les diverses formes de vulnérabilité (soin parental, traitement de la dépendance, travail social). Formulant à l’égard de la relation marchande une critique similaire à celle de la théorie du don, l’éthique du care postule qu’il existe une qualité morale dans l’acte d’aider les autres. Un premier rapprochement entre cette logique du care et la logique du design peut être observé dans le travail de Victor et Sylvia Margolin (2001). Inspiré du travail social, le « design social » selon eux vise la satisfaction des besoins des populations vulnérables ou marginalisées, comme celles à faibles revenus ou ayant des besoins particuliers en raison de leur âge, de leur santé ou de leur handicap. Cette approche pose les premières conditions d’un rapprochement entre l’acte de design et l’acte de soin. Ce colloque souhaite explorer le potentiel de cette idée et faire la lumière sur la pertinence de la théorie du care pour les disciplines du design. Peut-on considérer l’éthique du soin comme un modèle général pour le design? Par exemple, peut-on considérer qu’un petit objet électroménager comme Tero, qui transforme les résidus alimentaires des ménages en un fertilisant prêt à l’emploi, est le résultat d’un acte de design qui prend soin de notre environnement? Qu’est-ce que cela signifie de « prendre soin par le design »? Quelles approches théoriques, conceptuelles, méthodologiques et pratiques les enjeux de soin appellent-ils en design? Le design doit-il se limiter à prendre soin? Peut-il soigner ou sauver le monde? Pour Papanek (1971), on sait que le design est l’un des pires maux de la planète. Comment faire la part du soin et des « effets indésirables »?
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