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Manon Labarchède : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Il s’est noué historiquement en France, une correspondance entre des offres d’habitat et des publics, dont les personnes âgées. Des filières de production combinent des interventions d’acteurs et d’institutions, des élus, des professionnels, des entreprises, des leaders associatifs. Leur action s’ajuste dans le temps pour concevoir et réaliser des produits immobiliers qui se renouvellent sous la pression de la demande, du marché, du progrès et du constat de plus en plus marqué de la diversité des expériences du vieillissement. Quatre sont représentatives d’une manière de produire du logement pour les personnes âgées : l’habitat intergénérationnel, l’habitat services, l’habitat participatif et l’habitat des plus dépendants à travers les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
Cette communication se propose d’interroger ces différentes formes de production d’habitat au regard de leur pratique inclusive et de leur capacité à favoriser l’intégration sociale et spatiales des personnes âgées. Il s’agira d’en étudier les différentes
dimensions et les différentes échelles : celle du logement et de son appropriation ; celle du quartier et des sociabilités quotidiennes ; celle des représentations sociales associées aux différentes formes d’habitat. Notre réflexion s’appuie sur le travail mené dans le cadre d’un programme de recherche mené par le laboratoire PAVE de l’Ensap Bordeaux entre 2017 et 2020 et la réalisation de 150 entretiens semi-directifs.
Les expériences des vieillissements sont diversifiées, les personnes qui les vivent possèdent des caractéristiques et des parcours de vie variés (Grenier et Ferrer, 2010). Certaines personnes aînées peuvent faire face à une stigmatisation spécifiquement liée à leur condition ou à leur position sociale, d’autres se trouvent au croisement de caractéristiques identitaires et sociales pouvant mener à une stigmatisation et à une discrimination intersectionnelles. Alors que certains résistent à ces situations de marginalisation, il demeure que les expériences de stigmatisation peuvent accentuer les situations d’exclusion. Dans ce contexte, l’inclusion sociale est définie comme « un processus complexe de cocréation d’un projet social qui reconnaît les possibilités et la diversité des participations de tous et de chacun, en tant que membres socialement valorisés. Ce projet social ne peut s’opérer sans reconnaissance et redistribution des ressources matérielles, mais aussi des droits, des pouvoirs et des possibilités » (Séguin et collègues, 2015, p. 5). Cela appelle donc à considérer le processus d’inclusion et les facteurs l’influençant, notamment en lien avec la diversité des vieillissements, les croisements des identités marginalisées, et les interactions avec les environnements dans des processus itératifs. Si des interventions individuelles sont utiles auprès des aînés à risque d’exclusion, elles ne sont pas suffisantes. Car il ne suffit pas d’agir sur les facteurs personnels, encore faut-il intervenir auprès des environnements sociaux, institutionnels et communautaires.
Ce colloque, qui mettra en lumière des perspectives de divers horizons (travail social, sexologie, ergothérapie sociale, communication, sciences du loisir, anthropologie, etc.) sera l’occasion de discuter des pratiques inclusives actuelles ou recommandées et apportera un éclairage sur les pistes à approfondir pour la recherche en gérontologie sociale. Le colloque permettra la mise en commun des réflexions, des recommandations, des propositions et des expériences des pratiques inclusives auprès de différents groupes d’aînés (vivant avec des atteintes cognitives, en situation de handicap, issus de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres, ayant des problèmes de santé mentale, vivant avec le VIH, etc.). Il représentera une occasion de faire le point sur diverses démarches de recherche réalisées en lien avec l’inclusion de groupes d’aînés marginalisés et/ou à risque d’exclusion.
Titre du colloque :