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Hubert Lavallée : Protec-Terre
La commodification du foncier et les excès de l’agriculture industrielle causent la dilapidation des sols arables et ont des impacts importants sur les milieux naturels aux quatre coins du globe. Au cours des dernières années, des communautés un peu partout dans le monde proposent des modèles alternatifs d’agriculture respectueux des écosystèmes, nourriciers pour les populations et justes pour les petits producteurs et leurs employés.
Le Québec ne fait pas bande à part : difficulté d’accès à la terre par la relève, endettement sévère des producteurs, dégradation des sols et impacts négatifs envers les écosystèmes sont monnaie courante un peu partout sur le territoire.
Un modèle de préservation de terres en culture écologique est présenté ici pour remédier à la situation, la fiducie d’utilité sociale agroécologique (FUSA). Cette présentation décrit les fondements historiques et légaux de ce modèle, ses caractéristiques essentielles ainsi que son mode d’application dans le contexte québécois. La FUSA est, dans les faits, un outil légal permettant de créer un commun foncier perpétuel au bénéfice des collectivités. Le modèle remet en question la notion de propriété privée des ressources vitales au bien-être des communautés. Il offre un moyen de préserver le patrimoine agroécologique québécois dans une optique de respect des écosystèmes et de souveraineté alimentaire.
Plusieurs projets conduits par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) illustrent tour à tour une transition en agriculture et en agroalimentaire, voire une bascule vers un renouvellement. Cette transition traverse les enjeux liés à la diversité des modèles agricoles et à la vitalisation des territoires.
La diversité des modèles
Le modèle unique traditionnel en agriculture chevauche d’autres modèles porteurs de possibilités, notamment pour laisser place à une relève agricole souvent non apparentée, provenant de différentes origines et ayant des parcours atypiques. Outre les modes d’établissement qui se diversifient, il en est de même pour les modèles de production et de mise en marché. Les plateformes numériques se multiplient pour vendre en circuits courts. Des créneaux apparaissent teintés de valeurs environnementales (agriculture raisonnée, biologique, urbaine, régénératrice, de petits fruits, de petits élevages, etc.).
La revitalisation des territoires
Ces projets émergents, souvent innovants et mobilisateurs, sont de véritables moteurs de revitalisation des territoires, des villes, des régions éloignées et nordiques. Face à l’ébullition des modèles agricoles et des canaux de vente, des porteurs de projets aspirent à changer les modèles établis. Dans cet élan, de nouveaux outils, leviers et dispositifs de mise en œuvre sont en cours d’expérimentation : laboratoires et territoires (MAPAQ), fiducies d’utilité sociale agricole (FUSA), incubateurs d’entreprises agricoles, modèles de souveraineté alimentaire autochtone, etc.
Quelles résiliences?
Cette transition soulève des questions. Est-ce que les politiques publiques sont adaptées à cette nouvelle réalité? Quelle échelle de territoire (locale, régionale, provinciale) conviendrait le mieux, et pour faire quoi? Quels codes de référence communs permettraient d’intégrer les spécificités socioculturelles émergeant du territoire? Comment innover dans les pratiques et sur le terrain pour accompagner ces nouveaux modèles?
Dans ce monde agricole et agroalimentaire en transition, les impacts sont transversaux. Ce colloque souhaite donc faire avancer la réflexion en lien aux pratiques, tant avec les acteurs de la recherche qu’avec ceux qui sont engagés sur le terrain.
Titre du colloque :