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Antoine Dumaine : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
La notion de complément, omniprésente en grammaire, est plus complexe qu’il n’y parait. Sa définition est trouble : parfois sémantique, il complète le sens d’un énoncé; parfois syntaxique, il est en relation de dépendance avec un énoncé; et c’est sans compter le fait qu’il convoque occasionnellement des modifications morphologiques, dont l’accord avec un donneur. Si le sens n’est pas suffisant pour son identification, le recours à la syntaxe pose aussi son lot de problèmes. Le cas du complément direct du verbe (CD) est très intéressant à cet égard. Sa reconnaissance par les élèves mobilise de très nombreuses stratégies, passant des questions qui/quoi, au recours à des manipulations syntaxiques de déplacement et d’effacement, en passant par la pronominalisation. Certains élèves l’identifient grâce à sa position ou à sa forme (GN). Leur raisonnement est complexe et passe d’un niveau d’analyse à un autre, à l’image peut-être du discours enseignant. Dans cette communication, nous rendrons compte de l’évolution de la justification grammaticale d’une classe d’élèves de deuxième secondaire concernant l’identification du CD. Nous verrons comment coexistent les dimensions sémantique et syntaxique et l’efficacité (ou non) des questions qui/quoi. Et la morphologie dans tout ça? Les élèves sont bien inventifs, vous verrez.
Au 21e siècle, dans bon nombre de pays et de régions francophones, la grammaire occupe toujours une place importante dans la scolarité obligatoire (Élalouf et Péret, 2008; Chartrand et Lord, 2013; Chartrand, 2016), et ce, notamment parce que son enseignement vise à la fois à faire comprendre le système de la langue aux élèves et à leur faire atteindre un niveau de compétences langagières conforme à des exigences sociales (Lord et Chartrand, 2017). Au fil du temps, l’enseignement de la grammaire a été maintes fois critiqué, remis en question et ponctué de nombreux débats, autant publics que scientifiques, et ce, notamment en raison de constats relatifs aux difficultés de bon nombre d’élèves à propos des aspects normés et régulés de la langue.
Les recherches en didactique du français au cours des 30 dernières années ont certes contribué à faire évoluer cette discipline scolaire, pensons aux travaux portant sur la réflexion métalinguistique, sur l’acquisition de l’orthographe, de la syntaxe et de la ponctuation ou encore sur l’élaboration et l’expérimentation de dispositifs didactiques novateurs, sur la formation initiale et continue des enseignants en grammaire et en didactique de la grammaire. Ce symposium est l’occasion de faire état des dernières avancées de la recherche liée à l’enseignement et à l’apprentissage de la grammaire de l’école primaire à l’université dans les différents pays de la francophonie.
Les communications de ce colloque s’inscrivent dans trois axes :
Axe 1 : L’élève, ses représentations ou ses conceptions, l’analyse de ses graphies, l’analyse de ses performances, ses raisonnements grammaticaux, ses affects
Axe 2 : L’enseignement de la grammaire et de l’orthographe, les propositions didactiques, les pratiques novatrices, l’ingénierie didactique
Axe 3 : Formation initiale et continue en grammaire et en didactique de la grammaire
Titre du colloque :